ALGÉRIE
25/03/2018 16h:58 CET

Subventions: Nabni propose deux modèles alternatifs à la "fausse route" du gouvernement

Le think-tank propose jusqu'à 12000 DA de transferts monétaires directs par foyer pour compenser la perte du pouvoir d'achat due à la levée des subventions

Ramzi Boudina / Reuters
Un homme fait des achats au supermarché Ardis à Alger, le 15 février 2018.

Le think-tank Nabni trouve que le gouvernement fait fausse route dans son approche de la réforme des subventions et propose deux modèles alternatifs censés, selon un rapport présenté dimanche 25 mars à Alger, permettre une meilleure couverture et faire économiser l’équivalent de 10 % du PIB dès 2019.

La réduction de la lourde facture des subventions, plus de 13 % du PIB selon des chiffres du FMI de 2016, fait débat depuis un moment. Jugée impérative dans le contexte économique actuel, l’impact de la réforme sur les budgets des ménages est aussi redouté.

Pour compenser la perte de pouvoir d’achat après la levée du soutien des prix de l’énergie et des produits alimentaires de base, le gouvernement a annoncé un projet de wilaya-pilote dans laquelle sera testée dès 2019 une politique de transfert monétaire ciblé.

Fausse route, a estimé Nabni lors d’une conférence de presse animée par ses membres Mabrouk Aïb et Abdelkrim Boudra. Le collectif avertit que cette approche, inspirée de modèles adoptés par des pays aux réalités différentes de celle de l’Algérie, produira des erreurs de ciblage et un faible taux de couverture.

 “Le ciblage annoncé n’est pas faisable. Ça prendra des années et la méthode a échoué ailleurs”, a affirmé M. Aïb.

 Estimant qu’il faut inventer un modèle algérien de transfert monétaire direct, adapté aux réalités du pays, le collectif a proposé deux options pour compenser l’érosion du pouvoir d’achat due à la levée future des subventions : soit un ciblage progressif qui viserait 40 % des ménages les moins aisés pour un coût minimal de 12 000 DA par foyer, soit un revenu universel de 2000 DA par citoyen qui toucherait l’intégralité de la population, à l’exception des plus riches. Les deux modèles coûteraient respectivement 2,4 % et 5,5 % du PIB, selon Nabni.

A noter que les montants proposés sont calculés en dinar constant de 2017. En plus d’être progressifs pour accompagner la levée graduelle des subventions, ces transferts monétaires prendraient en compte l’inflation également.

 

 

Nabni

 

En plus du taux de couverture important, les deux modèles sont applicables, estime le think-tank, dès 2019. Pour cela, ils doivent être entièrement déclaratifs et sans exclusion. Selon les hypothèses de Nabni, le ciblage progressif pourrait être généralisé dès 2022 et arriverait à maturation en 2028 avec le développement d’un système d’information efficace et l’exclusion progressive des bénéficiaires indus. Le revenu universel peut quant à lui être généralisé en 2022.

Plus rapides à mettre en œuvre et plus efficaces, Nabni estime également que ces deux modèles, contrairement au transfert ciblé annoncé par le gouvernement, ne nécessitent pas une enquête sur les revenus des ménages que l’administration n’est de toute façon pas capable de mener de façon correcte.

 

 

Consulter le rapport dans son intégralité sur le site de Nabni.

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