MAROC
22/03/2019 13h:14 CET | Actualisé 22/03/2019 18h:21 CET

Souveraineté israélienne sur le plateau du Golan: la Ligue arabe dénonce une "violation flagrante" du droit international

Le Kremlin et le Quai d’Orsay dénoncent également les propos du président Trump.

NICHOLAS KAMM via Getty Images

INTERNATIONAL - Encore une déclaration de Donald Trump qui fait l’effet d’une bombe. Après que le président américain s’est prononcé en faveur de la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, la Ligue arabe a souligné ce vendredi 22 mars, que cette décision constitue une “violation flagrante” du droit international, mettant en garde contre les répercussions que pourrait avoir une telle reconnaissance.

Sur son compte Twitter, le président américain a écrit jeudi dans la soirée que “après 52 ans, il est temps pour les Etats-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d’Israël sur le Golan, qui revêt une importance stratégique et sécuritaire cruciale pour l’état d’Israël et la stabilité régionale!”.

Dans un communiqué relayé par la MAP, l’organisation panarabe rappelle que “conformément au droit international et des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et aux yeux de la communauté internationale, le Golan est reconnu comme un territoire syrien occupé, faisant observer que l’occupation israélienne demeure “un crime qui ne peut être ni accepté ni prendre un aspect légal avec le temps”.

La Ligue arabe rappelle également la résolution 487, adoptée à l’unanimité en 1981 par le Conseil de sécurité, qui exige qu’Israël, la puissance occupante, reporte sans délai sa décision d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le territoire syrien occupé des hauteurs du Golan, notant que cette décision est “nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international”. La ligue arabe a enfin dénoncé un “recul dangereux” dans la position américaine sur le conflit israélo-arabe, réitérant son soutien à la Syrie pour la récupération de son territoire occupé.

Le Kremlin et le Quai d’Orsay dénoncent également le propos d Trump

“La reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan, territoire occupé, serait contraire au droit international, en particulier l’obligation pour les Etats de ne pas reconnaître une situation illégale”, a affirmé pour sa part ce vendredi la porte-parole du ministère français de l’Europe et des affaires étrangères.

Interrogée au sujet de l’annonce du président américain, Donald Trump, relative à la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan syrien occupé, la porte-parole a tenu à souligner que “le Golan est un territoire occupé par Israël depuis 1967” et que “la France ne reconnaît pas l’annexion israélienne de 1981″.
“Cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 497 du Conseil de sécurité des Nations Unies”, a-t-elle rappelé lors du point de presse électronique quotidien.

L’inquiétude face aux propos du président Trump a aussi été partagé en Russie. “De telles déclarations peuvent considérablement déstabiliser la situation déjà tendue au Moyen-Orient”, a ainsi indiqué Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, ajoutant que “cette idée en soi ne contribue en aucune manière aux objectifs d’un règlement au Moyen-Orient, mais bien au contraire”. 

Le plateau du Golan a été occupé en 1967 par Israël lors de la guerre des Six jours, et l’a annexée en 1981, en dépit des résolutions de l’ONU l’appelant à se retirer totalement et inconditionnellement du plateau.