TUNISIE
13/09/2018 16h:02 CET | Actualisé 13/09/2018 16h:04 CET

[Souvenirs d'école] Mongi Marzoug: "Un abricot a changé mon orientation scolaire"

"À mon époque, et là où j’ai grandi (Matmata) le collège le plus proche était à Gabès, soit à 40 km."

FETHI BELAID via Getty Images

ÉCOLE - C’est la rentrée. Un événement qui a sûrement marqué votre enfance, synonyme d’odeur de cahiers neufs pour certains, de boule au ventre pour d’autres. Pour revivre ces instants heureux ou malheureux de la scolarité, le HuffPost Tunisie (sur une idée originale du HuffPost Maroc) a recueilli les témoignages de plusieurs personnalités tunisiennes, qui nous racontent les meilleurs et pires souvenirs de leurs années passées sur les bancs de l’école. Aujourd’hui, l’ancien ministre de l’Énergie et des mines et des Technologies de l’Information et des Communications Mongi Marzoug, se livre)

École primaire: (1967-1973)

“Comme à notre habitude, nous arrivions une heure avant le début du cours pour organiser des compétitions de lutte entre les garçons. Un jour, une compétition s’est mal terminée … et j’avais peur d’être puni par le maitre. Le maître a dû confirmer à mon père que j’étais bel et bien pardonné pour que je puisse retourner à l’école.

À mon époque, et là où j’ai grandi (Matmata) le collège le plus proche était à Gabès, soit à 40 km. C’est le collège où les élèves de Matmata se rendaient suite à l’examen d’entrée au collège.

Mongi Marzoug

 

À ma sortie de la primaire, l’affectation des élèves de Matmata fût tout autre : Mareth (entre 45 km et 70 km suivant le chemin, sans ligne directe de transport publique) et Kebili (120 km, sans ligne directe de transport publique)!

Bien heureusement, suite à de multiple démarches, l’ensemble des élèves de Matmata ont été réaffectés dans une classe à Gabès”.

Collège Sidi Marzoug, Gabès (1973-1976)

“Un abricot a changé mon orientation. Initialement, je pensais étudier dans la filière ‘math et techniques’. Et lorsque j’ai dû rendre ma feuille d’orientation, je me suis aperçu que l’abricot, beaucoup trop mûr, que j’avais mis dans la poche de mon tablier avait abîmé ma feuille d’orientation. Je me suis donc procuré une seconde feuille d’orientation … et pris le temps de réfléchir une seconde fois sur le choix de filière et finalement opter pour ‘math et sciences’. Qui sait quel métier j’aurai fait sans cet abricot?”

“Le collège étant à 40 km de chez nous, certains élèves, par manque de moyens, ne rentraient que pendant les vacances trimestrielles. Personnellement, je rentrais chez-moi un week-end sur deux”.

Lycée mixte de Gabès (1976-1980)

“C’est durant mes années lycée que j’ai découvert mon amour pour les matières scientifiques. J’étais tant impliqué que mon professeur de physique m’avait dit qu’il mettrait 20/20, que je sois présent ou non à l’examen. Par ailleurs, en terminale, je me suis vu confier l’enseignement des mathématiques à une classe de 4ème année du lycée.

En 1977 (ou 1978), nous avons assisté à un tremblement de terre pendant les heures d’études. Cela est tellement rare, que nous n’avions pas connaissance de l’attitude à adopter. On ne s’avait pas comment quitter le grand bâtiment où on se trouvait pour nous éloigner de tous les bâtiments.

En général j’étais un élève sérieux, travailleur et très motivé”.

Mongi Marzoug

 

Classes préparatoires et concours (1980-82), Versailles

“Lors de ma seconde année, j’étais dans la classe de l’ancien ministre Said Aidi et monsieur Abdelhamid Hachicha. La plupart d’entre nous, si ce n’est tous, aspirait à intégrer l’Ecole Polytechnique (l’X).

Un copain de classe avait d’ailleurs placardé à l’entrée de sa “chambre” (plutôt un box) ‘l’X ou la mort’. À la sortie d’un examen de physique particulièrement difficile, Si Said déclara en se laissant tomber par terre “Adieu l’X (École polytechnique)” et finalement, Abdelhamid, lui et moi avons intégré l’Ecole Polytechnique. Quant à mon copain de classe, je vous rassure, il a réussi à trouver une alternative à ‘l’X ou la mort’ ”.

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