MAROC
05/09/2018 16h:08 CET | Actualisé 11/09/2018 20h:53 CET

[Souvenirs d'école] Hicham Lasri: "Je coupais mes livres en deux pour qu'ils soient moins lourds"

Les meilleurs (et pires) souvenirs d'école des personnalités marocaines.

Hicham Lasri/Facebook

ÉCOLE - C’est la rentrée. Un événement qui a sûrement marqué votre enfance, synonyme d’odeur de cahiers neufs pour certains, de boule au ventre pour d’autres. Pour revivre ces instants heureux ou malheureux de la scolarité, le HuffPost Maroc a recueilli les témoignages de plusieurs personnalités marocaines, qui nous racontent les meilleurs et pires souvenirs de leurs années passées sur les bancs de l’école. Aujourd’hui, le cinéaste, écrivain et artiste Hicham Lasri, 41 ans, se livre:

“J’étais un élève très bon, studieux. Je n’étais pas forcément très impliqué parce que j’avais beaucoup d’autres centres d’intérêt: la lecture, le cinéma, l’écriture, le sport... Mais je me débrouillais toujours pour être premier de la classe ou même premier du collège ou du lycée, sans vraiment faire d’efforts. J’étais un élève très rationnel. 

J’ai fait l’école publique à Aïn Sebaa dans les années 80, donc le niveau n’était pas forcément très difficile. Je gagnais aussi plein de médailles sportives, de course et de saut en hauteur. Je faisais ce qu’il fallait à l’école, je n’étais pas turbulent, et je ne cherchais pas les embrouilles. Du coup, on me foutait un peu la paix. 

Je n’aimais pas beaucoup la rentrée, qui m’arrachait à la plage où j’avais passé tout l’été. Mais comme beaucoup d’élèves, j’avais le fétichisme de l’odeur des livres. On ouvrait les livres qu’on reniflait pendant les premiers jours d’école, on était super contents! Après, les livres finissaient toujours défoncés... Moi, je les coupais en deux pour en avoir un pour la première session et un pour la deuxième. Ça me faisait un cartable moins lourd à porter!

L’école, tout de même, ce n’est pas que des bons souvenirs. Je me rappelle que c’était une époque un peu étrange, où l’on était dans des écoles avec des professeurs et un fonctionnement extrêmement absurdes. Par exemple, mes deux frères, qui ont un an de plus et un an de moins que moi, étaient des cancres finis, donc je me faisais toujours taper par les surveillants et les profs, parce qu’on me prenait pour eux! Maintenant on en rit, mais à l’époque un peu moins, c’était injuste...

Je n’étais pas très fort en maths, et les profs n’appréciaient pas que je ne sois pas bon dans cette matière. Une année, au collège, une prof m’a carrément demandé de ne plus venir dans ses cours parce que je n’avais pas de bonnes notes avec elle... Il faut dire que l’année d’avant, on avait eu un prof de maths complètement dérangé, il avait un vrai problème psychiatrique, les enfants sortaient de cours par les fenêtres, il ne s’en rendait même pas compte! C’est une époque où on avait l’impression que l’éducation n’était pas au niveau. On ne lui donnait pas de grande importance, on ne voulait pas former des cerveaux, on voulait juste que les élèves aient des diplômes à la fin de l’année. 

L’un de mes plus beaux souvenirs reste mon année du baccalauréat, parce que j’avais eu suffisamment de bonnes notes avant, donc je n’ai pas fait grand chose cette année-là... Alors que mes amis, les pauvres, ils avaient cette méthodologie qui consiste à attendre que la nuit tombe pour avaler un café et étudier ensuite toute la nuit. Comme si travailler la nuit rendait plus brillant. Je ne sais pas qui a inventé ce concept! Mais avoir le bac, c’était quelque chose de fondamental à l’époque, pas seulement pour l’élève, mais pour toute la famille.”