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22/07/2019 09h:57 CET | Actualisé 22/07/2019 09h:57 CET

Sous la bonne étoile

NurPhoto via Getty Images

Nous sommes le 19 juillet et les gradins de l’Histoire sont déjà pleins. Loin du vide constitutionnel, nos cœurs sont remplis d’espoir et nos couleurs flottent avec souveraineté en défiant le monde du haut de cette fierté qui nous est propre. Perché quelque part entre ponts aériens et barrages terrestres, se joue le tournoi du destin.

Le stress ronge nos tripes et nos muscles se crispent à l’approche du coup de sifflet malgré cette voix tapie à l’ombre de nos rêves qui ne cesse de murmurer “elle est pour nous celle-là, elle ne peut pas nous échapper ! Nous l’avons mérité”.

A l’heure où les portent de la capitale sont barricadées, celles du “Cairo International Stadium” sont grandes ouvertes et laissent passer les lueurs d’un lendemain prospère. La main sur le cœur ou en garde à vous et le visage grave, l’hymne nationale scandé à gorge déployée raisonne d’une manière particulière ce soir et les notes qui se perdent dans l’atmosphère chargée de doute ont un doux parfum de résistance.

A peine le serment achevé, comme pour prouver leur bonne foi, nos vaillants soldats entament une course folle et font trembler les filets qui ont longtemps emprisonné notre optimisme.

Une deuxième étoile s’allume dans le ciel de la rébellion et promet de nous guider vers notre ultime but, celui de faire tomber tous les obstacles entre nous et notre dignité. Nous avons toujours eu soif de victoire et de liberté, à présent que nous les goutions enfin, nous ne sommes pas prêts de nous arrêter avant d’en être complètement enivrés au grand dam du régime sclérosé.

Du haut du toit de l’Afrique, je propose que nous levions notre coupe ! Pour que nos verres ne soient plus jamais à moitié vides mais toujours débordants de félicité.

Pour que cette victoire attise le feu de notre détermination et que nous puissions rendre sa grandeur à notre nation. Pour nos détenus d’opinion privés de cette joie tant méritée. Qu’ils sachent qu’il n’y a pas de serrures assez solides pour emprisonner la vérité. Pour le cours de notre Histoire, que nous avons décidé de changer.

La plume aiguisée et le verbe acéré nous avons marché pour écrire la fin heureuse de notre épopée. Pour ceux qui, à mi-chemin, nous ont quitté, tombés sous les coups de la répression injustifiée. Dédions leur cette victoire  pour que nul ne puisse se permettre de les oublier.

Pour l’Algérie, car nous avons fait le serment de la remettre sur pied quel que soit le prix à payer. Enfin, pour l’Afrique et tous ses peuples opprimés.