ALGÉRIE
23/06/2019 17h:16 CET

Soudan: la médiation éthiopienne marque des points

Reuters

Sur proposition du médiateur éthiopien, Mahmoud Drir, les représentants de la contestation soudanaise ont accepté la mise en place d’une instance composée majoritairement de civils, pour assurer une transition politique. 

“Nous pensons que notre accord est un pas majeur pour réaliser les objectifs de la révolution qui sont liberté, paix et justice”, a affirmé à des journalistes un de ces représentants, Babiker Faiçal.

“Cela mettra notre pays sur le bon chemin vers une période de transition qui aboutira à une démocratie durable”, a-t-il ajouté. Au plan politique, le bras de fer entre le mouvement de contestation et l’armée au pouvoir, se poursuit. C’est dans ce contexte que l’Ethiopie voisine a intensifié ses efforts pour tenter de résoudre la crise politique au Soudan.

La proposition éthiopienne prévoit une instance de transition constituée de 15 personnes, avec huit civils et sept militaires. Sur les huit civils, sept seraient issus de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, selon cette proposition qui “confirme les accords précédents” conclus avec l’armée, a affirmé un autre représentant des protestataires, Amjad Farid.

A l’issue de longues négociations, les représentants de la contestation et les militaires au pouvoir s’étaient mis d’accord, avant la rupture des pourparlers le 20 mai, sur une période de transition d’une durée de trois ans. Ils avaient également convenu d’un Parlement de transition constitué de 300 sièges, dont les deux tiers réservés à l’ALC.

Réaction du numéro deux du Conseil militaire, le général Mohammed Hamdan: “Ce n’est pas possible qu’ils prennent 67% (du Parlement) pour contrôler le peuple”, a-t-il estimé. “Ce n’est pas possible qu’eux seuls imposent leurs opinions”, a continué le général, dit “Hemeidti”, dans un discours depuis un village au nord-ouest de Khartoum où il était en déplacement.

Depuis les incidents du 3 juin, la mobilisation des manifestations faiblit, d’autant plus que les redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) sont déployés à tous les coins de rue. Ces forces paramilitaires sont accusées par les contestataires et des ONG d’avoir dispersé le sit-in dans le sang.