TUNISIE
19/09/2019 16h:47 CET

Sophie Bessis: "Ce que l'on peut retenir de l'ère Ben Ali? C’est une longue dictature qui a duré 23 ans”

“Très vite à partir du début des années 1990, cette dictature s’est accompagnée d’une explosion de la corruption familiale puisque la corruption a été monopolisée”

L’historienne et journaliste Franco-tunisienne Sophie Bessis est revenue, jeudi sur le règne du président de la République déchu Zine El Abidine Ben Ali, décédé à l’âge de 83 ans pour la chaine France 24.

“Ce que l’on peut retenir de l’ère Ben Ali, c’est une longue dictature qui a duré 23 ans” a-t-elle affirmé.

Pour elle, “au tout début, après son coup d’Etat médical, et pendant 2 ans, il s’est donné une image libérale au sens politique du terme en ouvrant le paysage politique”, mais les résultats des islamistes lors des législatives a fait en sorte que “Ben Ali a refermé la porte de cette démocratisation très relative (...) et à partir de là s’est installée une dictature politique verrouillée sur tous les plans”.

“Très vite à partir du début des années 1990, cette dictature s’est accompagnée d’une explosion de la corruption familiale puisque la corruption a été monopolisée” sa famille, sa seconde épouse et le “clan Trabelsi” a-t-elle poursuivi citant le rapport de la Banque mondiale sur la captation d’Etat effectué par le clan: “le clan familiale de Ben Ali/Trabelsi et autres gendres captait environ 25% des actifs économiques de la Tunisie” a-t-elle révélé.

“Petit à petit, il y a eu une agrégation de toutes les oppositions à Ben Ali, c’est à dire, de l’opposition politique, de la frange démocratique de la population, de la paupérisation de plus en plus importante des couches populaires (...) et même les hommes d’affaires et les chefs d’entreprises qui n’appartenaient pas au clan Ben Ali étaient marginalisés dans leurs entreprises”. 

“Cette agrégation, convergence des ras-le-bol” a mené à la révolution a-t-elle estimé.

Le président de la République déchu Zine El Abidine Ben Ali est décédé, jeudi, à l’âge de 83 ans en Arabie Saoudite. Fuyant la Tunisie du 14 janvier au lendemain de la révolution, il s’exilera au Royaume où il y restera jusqu’à son décès.

Le 13 septembre dernier, plusieurs rumeurs avaient fait état d’une détérioration de son état de santé. Une publication publiée par son avocat avait notamment suscité le doute sur sa mort avant d’être démentie par sa fille sur Instagram.

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