ALGÉRIE
09/11/2018 12h:40 CET

Sonatrach: Après Chakib Khelil, Ould Kaddour fait à son tour appel aux Zaouias

Sonatrach mise sur l’influence des “cheikhs” de zaouias dans des localités au sud. Le but? Persuader les communautés des zones proches de projets d’exploration de ne plus protester.

RYAD KRAMDI via Getty Images

Sonatrach veut calmer l’ardeur de la population au sud qui proteste notamment contre le gaz de schiste. Et pour se faire, la compagnie a fait appel à un partenaire... inhabituel: les zaouias.

Selon la très sérieuse agence Reuters dans une dépêche publiée jeudi 8 novembre, le PDG de Sonatrach Abdelmoumene Ould Kaddour et ses collègues misent sur l’influence des “cheikhs” de zaouias dans des localités au sud. Le but? Persuader les communautés des zones proches de projets d’exploration de ne plus protester.

Engagée dans une campagne de séduction des majors pétrolières pour investir en Algérie, la compagnie publique souhaite ne plus faire face à nouveau à des mouvements similaires à celui contre le gaz de schiste à In Salah en 2015 et qui a poussé les autorités à retarder des projets d’exploration dans la région.

Ni d’autres manifestations qu’organisent périodiquement les habitants du sud contre le chômage et le manque de développement local et d’opportunités, notamment dans le secteur des hydrocarbures, une richesse qu’ils estiment ne pas en profiter.

Pour ainsi faire, Sonatrach a invité des “cheikh” à assister à des réunions au sud, toujours selon Reuters, pour leur expliquer les opportunités de travail et autres bienfaits des projets en élaboration.

“Sonatrach doit montrer qu’elle se soucie du bien des habitants. Nous apprécions que la compagnie nous invite à assister à ses rassemblements et conférences au sud”, a déclaré lors d’une réunion de la compagnie à Ouargla Bayziz Ibrahim, un cheikh soufi.

“Nous allons dire aux gens et aux jeunes que les efforts de Sonatrach sont les bienvenus”, a-t-il ajouté à l’agence.

Ce n’est pas la première fois que zaouias et pétrole font bon ménage. L’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, de retour de son “exil” aux Etats Unis en avril 2016, a entamé une tournée des zaouais à travers le pays que beaucoup ont perçu comme une tentative d’améliorer son image face aux accusations de corruption qui planent sur lui depuis des années.