MAROC
08/07/2019 12h:04 CET

Sommet UA: Voilà pourquoi le Maroc a adhéré à la ZLECA

Ce n'est pas "une reconnaissance d'une entité qui menace l'intégrité territoriale".

Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale

UNION AFRICAINE - Le Maroc a gravé son empreinte. Il fait désormais partie des pays ayant signé officiellement leur adhésion à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Le lancement opérationnel de celle-ci a été acté au 12e Sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA), qui se tient les 7 et 8 juillet à Niamey. Le roi Mohammed VI y est représenté par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita. 

Pour le Maroc, l’événement est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du continent. Il “s’inscrit parfaitement dans la vision royale pour une Afrique intégrée et prospère”, a déclaré Nasser Bourita cité par la MAP. Et d’ajouter que “la création de la ZLECA, loin d’être une fin en soi, marque le début d’un dessein collectif plus vaste. Elle est l’expression d’un nouveau modèle de co-développement en Afrique, d’un modèle inclusif, solidaire et efficient, au service du citoyen africain”.

La ZLECA devra ainsi représenter un catalyseur du “Made in Africa” aux yeux du chef de la diplomatie marocaine qui estime, à l’occasion, que des perspectives importantes s’ouvrent désormais aux entreprises au niveau intra-africain et à l’international. “Il est judicieux que cette aspiration portée par la création de la zone de libre-échange continentale africaine soit nourrie et accompagnée par des mesures concrètes” a-t-il, par ailleurs, prévenu, précisant que les pays signataires doivent relever un défi.

“Le transport entre les pays africains demeure malheureusement coûteux, lent et contraignant”

Et pour cause, cette zone économique impose la mobilisation d’investissements importants, tient-il à préciser, affirmant qu’il y a nécessité d’installer des voies de communication et des réseaux de transports performants. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, regrette-t-il, constatant que “le transport entre les pays africains demeure malheureusement coûteux, lent et contraignant”.

Autre condition nécessaire à la réussite de le ZLECA: la mise en place d’“un socle des Communautés Economiques Régionales”, qui devra profiter de ses débouchés et parvenir à concrétiser l’intégration économique. Il est question, a rappelé Bourita, d’atteindre les objectifs de développement durable sur le continent africain et rendre opérationnel l’Agenda 2063.

La zone de libre échange servira aussi d’opportunité pour montrer “le savoir et le génie des Africains, et entrer de plain-pied dans la nouvelle économie, dans l’intérêt des générations futures”, a-t-il estimé, appelant les adhérents à la synergie.

Le Maroc s’engage donc pour la dynamique économique de l’Afrique à laquelle le souverain a appelé à maintes reprises notamment à travers ses tournées dans les pays d’Afrique. La ZLECA en sera l’instrument de concrétisation. Mais si le Maroc y adhère pleinement, cela “ne saurait être interprété comme une reconnaissance d’une situation, d’un fait ou d’une entité qui menace son intégrité territoriale et son unité nationale”, a tenu à préciser Bourita, faisait allusion au Polisario. Pour le ministre, le Maroc agit selon une doctrine et des principes clairs lorsqu’il s’agit de faire la différence entre l’appartenance à une organisation et la reconnaissance des entités qui pourraient en faire partie mais que le Maroc ne reconnait pas.

Le ministre a qualifié d’“aberration flagrante” qu’une entité qui n’a pas de territoire fasse partie d’une zone de libre-échange et souligné que cette entité ne fait partie d’aucune des communautés économiques régionales qui sont “la pierre angulaire de la ZLECA”.