ALGÉRIE
19/02/2019 14h:58 CET | Actualisé 19/02/2019 14h:59 CET

Sommet de l'Opposition : l’impossible union

Louafi Larbi / Reuters

L’opposition se retrouve demain au siège d’Al Adala à Alger à l’initiative de Abdellah Djaballah le président du parti islamiste. Ali Benflis, Abderrazak Makri,  Tahar Benbaibèche, Noureddine Bahbouh, Karim Tabou, Mohamed Saïd, Abdelaziz Rahabi, Saâd Bouakba, Abdelaziz Ghermoul, Abdelkader Bengrina, Ahmed Benbitour et Mohamed Abbas ont donné leurs accords pour participer à la rencontre. 

Au menu, les discussions doivent aborder  le programme que devrait défendre un éventuel candidat unique de l’opposition, ainsi que des réformes à mener “sur l’ossature législative à adopter pour reconstruire l’État et la société”, a expliqué Lakhdar Benkhelaf, responsable au parti El Adala.

D’autre part, la rencontre doit se pencher sur la question épineuse de la  désignation d’un candidat de consensus face à Abdelaziz Bouteflika pour la présidentielle du 18 avril. Pour cela, l’opposition doit au préalable dépasser ses divergences et ses objectifs partisans, pour se retrouver autour d’une cause commune.

Pourra-t-elle le faire ? rien n’est moins sûr à deux mois de la présidentielle. D’autant qu’en la matière, elle  a déjà connue une première traumatisante après  l’expérience ratée en 2016, à la suite l’implosion de la coalition des partis, regroupés autour d’une plateforme commune, signée à Mazafran.

Abdedallah Djaballah garde l’espoir de parvenir à unifier les rangs et de parvenir à des décisions décisives. “C’est un test important pour l’opposition, mais il ne faut pas y attendre grand-chose. Cette rencontre aurait dû avoir lieu il y a un an”, juge un chef de parti qui ne savait pas encore s’il répondrait à l’invitation qui lui a été adressée.  “Il n y’a aucun espoir à attendre de la rencontre de demain. Elle n’aboutira à rien et n’est qu’une énième opération marketing”, affirme Soufiane Djillali, le leader de Jil Jadid qui note au passage qu’il n’a pas été convié à la rencontre de demain. “Ils ont peut-être jugé que je n’étais pas invitable”, déclare- t-il sur un ton sarcastique au Huffpost Algérie. Quant à Saâd Bouakba, éditorialiste à El Khabar et membre de Mouwatana, dont la présence à la rencontre était annoncée par les médias, il dément l’information. “Je n’irai pas à leur réunion”, a révélé le journaliste au Huffpost Algérie.

Plus du RCD, du FFS, et alors que le PT n’a toujours pas fait connu sa décision, le grand absent de demain est Ali Ghediri. Le candidat à la candidature au scrutin du 18 avril a préféré décliner l’invitation, à la surprise de son initiateur qui espère lui faire changer d’avis. “On ne doit pas se précipiter parce que M. Ghediri est concerné par le sommet”, a rappelé M Djaballah.

Sans donner les raisons de sa décision, Ali Ghediri a flingué la réunion du 20 Février. Le candidat de la rupture avec le système et avec tout ce qui s’y rattache renvoie dos à dos le régime et l’opposition de “façade”. “Il ne veut pas s’afficher avec des hommes politiques proches du pouvoir où qui ont occupé des fonctions au sein du régime. Son projet alternatif passe par un rejet de cette classe politique”, explique-t-on.