ALGÉRIE
12/03/2019 16h:21 CET

Sofiane Djilali dénonce le "soutien de la France officielle au régime Bouteflika"

ASSOCIATED PRESS

Le président du parti Jil Jadid, Sofiane Djilali, a dénoncé mardi 12 mars ce qu’il considère comme une ingérence de la France dans les affaires algériennes, suite à la réaction de l’Elysée après le report de la présidentielle algérienne d’avril. 

“La France officielle soutient la destruction de l’Etat algérien, l’annulation de la Constitution et l’imposition d’un homme malade pour un mandat ouvert”, a fustigé M. Djilali dans une vidéo publiée sur son compte Twitter. 

 

Plus tôt dans la journée, le président français Emmanuel Macron avait salué “décision du président Bouteflika de ne pas briguer un 5e mandat”.

“Je salue la décision du président Bouteflika qui signe une nouvelle page”, a-t-il déclaré.

Dans une lettre à la nation publiée lundi et après trois semaines de manifestations inédites, la présidence algérienne a annoncé le report sine die de l’élection présidentielle du 18 avril sans fondement constitutionnel. La décision a été perçue en Algérie comme une manœuvre du pouvoir pour maintenir M. Bouteflika après la fin de son 4e mandat, le 28 avril prochain.

Le document avait également annoncé l’organisation d’une conférence nationale censée élaborer un calendrier pour la tenue d’une élection présidentielle. Cette conférence avait déjà été évoquée dans la lettre de candidature de M. Bouteflika à la présidentielle annulée. 

“Il s’agit d’un mandat ouvert pour un nombre d’années à venir en échange de fausses promesses. Ce sont ces fausses promesses que la France présente comme de la démocratie”, a estimé M. Djilali. 

“Ceci est inacceptable car il s’agit d’un soutien direct de la part de la France officielle à un contournement des revendications du peuple algérien”, a-t-il ajouté. 

Des milliers d’étudiants ont manifesté à Alger mardi matin en réaction aux annonces de la présidence de la veille, dénonçant un “prolongement” du 4e mandat de Abdelaziz Bouteflika et poursuivant le mouvement qui a débuté le 22 février contre un éventuel 5e mandat.