ALGÉRIE
17/08/2019 15h:24 CET | Actualisé 17/08/2019 15h:47 CET

Société civile : la conférence reportée au 24 août, "l'Algérie est dans une transition de fait"

capture d'ecran

Les représentants des trois pôles de la dynamique de la société civile ont animé ce matin au siège de l’UNPEF à Alger une conférence de presse pour expliquer les raisons du report de leur réunion de concertation prévue initialement ce 16 août. L’occasion pour eux, d’annoncer une nouvelle réunion pour le 24 août prochain et d’informer l’opinion publique des tergiversations de l’administration qui n’a pas daigné répondre avant vendredi 15 août à 17h alors que les organisateurs de la réunion avaient déjà opté pour le report. 

Ladite rencontre de concertation devait réunir les représentants de la société civile et différents acteurs de la classe politique issus de l’opposition à la Safex.

“La rencontre est reportée au samedi 24 août 2019», a indiqué, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), et membre actif du Collectif de la société civile. “Le pouvoir montre sa volonté réelle quant à l’ouverture des espaces publics et le respect des libertés démocratiques. Au moment où le pouvoir fait la promotion de son offre de dialogue, la réalité est tout autre, elle contraste avec le verrouillage du débat public, des médias, du dialogue dans la société.”

M. Salhi souligne la ligne conductrice de l’initiative de la société civile : une solution politique pacifique rassembleuse. “Nous ne sommes pas pour l’anarchie, nous sommes avec une rupture pacifique pas pour une rupture brutale qui peut engendrer le chaos”. Pour lui, “la solution négociée et concertée”, permet  aux initiateurs de la feuille de route du 15 juin de dialoguer et de négocier l’avènement d’un “nouveau système qui garantit la sécurité du pays et des citoyens”. Il ajoutera que les organisations dont il fait partie ”éviteront toute dérive et feront tout pour préserver le caractère pacifique” de la révolution populaire du 22 février.

Le représentant du pôle syndical, Lyes Merabet a indiqué, pour sa part, qu’il était impératif de “dialoguer avec tous et sans exclusion”et de dresser des passerelles afin de de trouver une solution à l’impasse dans laquelle se trouve le pays. Pour lui, l’Algérie est de fait, dans une “période de transition depuis juillet dernier” et que le prochain chef de l’Etat va faire face à “de grandes difficultés notamment économique qu’il faudra dépasser”. 

Pour M. Merabet,Pour M. Merabet, l’initiative de la société civile n’est pas statique, elle est ouverte à tout enrichissement. Il insiste sur “cette démarche de concertation” et sur “la nécessite d’engager un dialogue qui rapproche les opinions et qui rassemble les Algériens pour parvenir à la conférence nationale”.   

Pour lui, le recours à la désobéissance civile n’est pas le seul choix dont dispose les manifestants. Il précisera que d’autres jours de protestations peuvent être initiés ou encore des grèves sectorielles pour soutenir le hirak et contribuer au lancement d’un véritable dialogue inclusif sans recourir à des actions qui peuvent mener à une confrontation ou à des dérives incontrôlables. 

Abdelouhab Ferssaoui, président de RAJ, a intervenu pour répondre aux télévisons privées notamment Ennahar citée nommément mais également Echourouk qui ont accusé son association d’être derrière l’incursion au siège du panel ce matin. ” Ce sont les étudiants qui l’ont fait et notre association n’y est pour rien”, affirme-t-il incitant les télévisions en question à “corriger leurs informations”.   

Pour rappel, près de 80 organisations ont pris part à cette initiative de la société civile enclenché le 15 juin dernier lors d’une conférence, au cours de laquelle a été dévoilé une feuille de route. Celle-ci propose d’aller vers une période de transition qui sera supervisée par une instance présidentielle ou une seule personnalité consensuelle, pour une période ne dépassant pas six mois. 

Il est suggéré de former un gouvernement de compétences nationales et la mise en place d’une instance d’organisation des élections constituée de figures de la classe politique et des personnalités nationales.

La feuille de route a recommandé en outre l’ouverture d’un dialogue globale avec les acteurs de la classe politique, la société civile et des activistes du Hirak.

Les auteurs de la feuille de route ont prévu aussi “l’organisation d’une Conférence nationale, regroupant toutes les parties pour garantir une transmission souple du pouvoir”.