ALGÉRIE
18/12/2014 13h:30 CET | Actualisé 19/12/2014 10h:45 CET

Salaire minimum : La plongée des prix du baril ne remet pas en cause l'abrogation de l'article 87 bis (Ministre)

Pixabay/PublicDomainPictures

La chute des prix du pétrole - et dont des recettes du pays - n'affectera pas la décision d'abroger l'article 87 bis du code du travail qui bride le Salaire nationale Minimum garanti en y incluant le salaire de base, les primes et les indemnités.

Une disposition dénoncée comme "scélérate" dans les milieux syndicaux y compris l'Ugta, proche du pouvoir, prise en 1994 et faisant partie de fait du plan d'ajustement structurel exécutée sous supervision du FMI.

Si l'UGTA considère que cette abrogation annoncée pour début 2015 comme un acquis, les milieux patronaux, privés comme publics, ont exprimé leur crainte de l'impact financier qu'aurait cette mesure sur la santé financière des entreprises.

La suppression du 87 bis qui ne sera composé que du salaire de base entraînera, avec le maintien des primes des augmentations de salaires. Pour les patrons, une augmentation de charges.

La chute des prix du pétrole ne va pas remettre en cause la décision d'abroger l'article 87 bis. "Nous n’allons pas revenir sur la décision de supprimer l’article 87 bis et l’Etat respectera ses engagements concernant cette question" a assuré jeudi à Alger, le ministre du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale, Mohamed El Ghazi.

Toutes les informations sur un éventuel renoncement à l'abrogation de l'article 87 bis ne sont que "l'intox" a-t-il assuré, l'Etat ne reviendra pas sur cette décision.

Des estimations divergentes sur l’impact de l’abrogation

"La loi de finances 2015 adoptée et qui sera signée par le président de la république M. Abdelaziz Bouteflika, sera appliquée dans ses moindres articles", a encore ajouté le ministre qui a précisé toutefois que la mesure s'appliquera d'abord aux bas salaires avant d'être étendue progressivement aux autres classes pour ""ne pas impacter négativement le budget de fonctionnement de l'Etat et l'économie nationale".

Si le SNMG débarrassé de l’art 87 bis ne s’applique qu’aux bas salaires – c’est-à-dire égal ou inférieur à 18.000 dinars – l’impact pourrait être sensiblement limité et coûterait dans les 100 milliards de dinars, selon certaines estimations.

Reste à savoir la durée de cette limitation de l’impact de la suppression aux seuls bas salaires. Mais au-delà, l’évaluation de l’impact financier de l’abrogation a donné à des écarts importants dans les chiffres entre experts accusés d'être des "porte-paroles" des patrons.

L'une des références en termes d'impact reste l'évaluation faite par le gouvernement en 2005 qui estimait que pourrait couter 500 milliards de dinars et 40 milliards aux entreprises. Cela donnera en monnaie lourde dans les 7 milliards de dollars.

En mai dernier, l'économiste Abdelhak Lamiri avait estimé que l'abrogation du 87 bis entraînera un accroissement de la masse salariale de 10 à 20% et aurait un effet inflationniste. Il reste globalement dans la même évaluation que celle faite par le gouvernement en 2005.

L’économiste Abderrahmane Mebtoul a estimé, sur Radio M, les coûts de l’abrogation dans une "fourchette de 9 à 11 milliards de dollars en rythme annuel".

Said ighil Ahriz, Directeur du bureau d’études Ecotechnics est beaucoup plus mesuré et estime que le seul impact prévisible mesurable concerne la fonction publique et sera de l'ordre de 3 milliards de dollars. La masse salariale dans la fonction publique a atteint 34 milliards de dollars en 2013.

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