MAROC
23/06/2018 17h:25 CET | Actualisé 24/06/2018 13h:13 CET

Snarky Puppy: “Jouer avec le maalem Hamid El Kasri est vraiment unique” (INTERVIEW)

Le groupe new-yorkais revient ce soir sur la scène principale du festival Gnaoua.

Karim Tibari/A3 Communication

GNAOUA 2018 - Le groupe new-yorkais Snarky Puppy a inauguré la 21e édition du festival Gnaoua à Essaouira jeudi 21 juin par un concert de fusion avec le célèbre maalem Hamid El Kasri. Snarky Puppy, qu’il ne faut cependant surtout pas appeler un groupe de “fusion”, jouera à nouveau en solo cette fois-ci sur la scène principale du festival ce samedi 23 juin.

Nous sommes allés à la rencontre du leader du groupe et bassiste Michael League. Avec lui, nous sommes revenus sur sa prestation aux côtés du maalem, sa passion pour la musique gnaoua, ou encore une possible collaboration avec un autre groupe gnaoua de Brooklyn, les Innov Gnawa, nommé cette année aux Grammy.

Comment définiriez-vous le genre musical des Snarky Puppy?

Michael League: Je suppose que je ne le ferai pas (rires). Peut-être instrumental, mais je n’appellerai pas ça de la fusion, après tout, tout est de la “fusion”. Mais quand je pense à ce genre, l’image qui me vient en tête, ce sont des mecs en débardeur et pantalon de jogging qui jouent au synthétiseur, ce qui est très loin de ce que l’on fait!

Connaissiez-vous ce festival avant d’y être invité?

Oui, je le connais depuis quelques années déjà, il est très célèbre parmi les musiciens.

Et étiez-vous un fan de la musique du maalem Hamid El Kasri?

Je savais qui il était et je connaissais sa musique, mais je ne l’avais jamais rencontré avant. Hamid a recommandé une collaboration, et son ami, le batteur Karim Ziad, a eu l’idée du concept, qui est de combiner nos chansons et celles des Gnaouas. Jouer devant le public marocain avec un artiste aussi respecté que Hamid El Kasri est vraiment unique.

Pendant les répétitions, nous avons réorganisé les arrangements ensemble, c’était très naturel, spontané et vraiment amusant. Je ne sais pas si le maalem nous connaissait mais une fois que l’on a décidé de collaborer, il a fait des recherches, ce qui est rare de la part des musiciens folkloriques qui sont souvent très traditionnels. Hamid est très moderne, il est très intéressé par la musique actuelle et veut toucher le plus de personnes possible, ce que j’apprécie beaucoup chez lui.

Aviez-vous déjà collaboré avec des musiciens issus de ce genre de musique?

Pas les gnaouas typiquement. On a surtout travaillé avec des artistes ouest africains. Mais je connais très bien ce genre de musique. Mon ami Jamey Haddad, qui est percussionniste dans mon autre groupe Bokanté, m’a introduit à cette musique il y a 10 ans.

Un autre groupe gnaoua de Brooklyn a fait parler de lui cette année, les Innov Gnawa, qui ont été nommés aux Grammy...

Vraiment?

Oui, ils étaient nommés dans la catégorie ”meilleur enregistrement dance” en featuring avec le célèbre DJ britannique Bonobo...

Je suis un grand fan de leur musique et on les a invités à jouer à notre festival de musique l’année prochaine à Miami. J’adore ce groupe et leur album, je rejoue souvent leur chanson au guembri.

Des projets futurs au Maroc?

J’adorerais y faire une tournée et amener mon autre groupe Bokanté, qui correspond sans doute plus à l’esthétique et au goût marocain.