TUNISIE
27/08/2018 18h:14 CET

Slim Riahi fait son retour sur la scène politique

Slim Riahi revient sur la scène politique dans un contexte où l'avenir du chef du gouvernement Youssef Chahed fait toujours débat.

Anadolu Agency via Getty Images

Près de 8 mois après avoir présenté sa démission -qui a été refusée par le bureau politique- du parti qu’il a fondé, l’Union Patriotique Libre (UPL), Slim Riahi fait son retour sur la scène politique. 

Dans un communiqué publié dimanche, le parti annonce que son président est revenu sur sa décision de démissionner du parti après un intermède de 08 mois assuré par Samira Chaouachi. 

 

Reçu au Palais de Carthage

Reçu au Palais de Carthage par le président de la République, Béji Caid Essebsi, pour discuter de la situation politique, économique et sociale du pays, Slim Riahi refait surface sur la scène politique, lui qui l’a quitté pendant plusieurs mois.

Frappé d’une interdiction de voyage depuis le 20 septembre 2017, celle-ci a été levée, à quelques jours du vote de confiance au ministre de l’Intérieur Hichem Fourati. 

 

Dans un statut publié sur sa page Facebook, celui-ci affirme avoir réussi à prouver son innocence après avoir pu “se libérer de ses batailles judiciaires”, bien qu’il affirme ne pas avoir encore clos tous les dossiers en cours.

“Je reviens en politique bien que je sache que la Tunisie n’a pas besoin de plus de politiciens mais de grands projets nationaux” a-t-il indiqué, justifiant son retour par la nécessité de rassembler: “Je sais que la Tunisie n’a pas besoin de partis politiques mais d’une force politique capable de réunir les Tunisiens et de leur redonner confiance et espoir. C’est ce qui m’a poussé à revenir”.

 

Dans le viseur de la justice à plusieurs reprises, il avait vu ses avoirs gelés par le pôle judiciaire, économique et financier pour des soupçons de corruption et blanchiment d’argent, en marge d’une vaste opération anti-corruption lancée par le gouvernement Chahed. 

“Le juge d’instruction au sein du Pôle judiciaire, économique et financier a décidé mercredi le gel de toutes les actions en bourse, de tous les comptes bancaires et de tous les biens de l’homme d’affaires Slim Riahi”, avait alors expliqué Sofiène Sliti, porte-parole du Parquet à la TAP.

Intervenant sur la chaine Nessma Tv, Slim Riahi avait alors attaqué le chef du gouvernement Youssef Chahed déclarant être victime de “chantage politique”.

Également condamné à 5 ans de prison pour chèques sans provisions, il avait vu sa peine annulée après s’être présenté devant le tribunal muni des preuves attestant du remboursement des dettes objet de l’affaire ainsi que des sommes dont il est redevable dans 8 autres dossiers.

Quel rôle dans la crise politique actuelle?

Si le bloc parlementaire de l’UPL, qui compte 12 députés, vient de rejoindre le nouveau bloc parlementaire “coalition nationale” formé, en plus des députés de l’UPL, des députés du bloc national et de députés indépendants; la question se pose sur le rôle que jouera Slim Riahi sur la scène politique.

Ses déclarations contre le chef du gouvernement Youssef Chahed après le gel de ses avoirs -il avait affirmé que celui-ci était politiquement fini- pourrait en faire un nouveau détracteur au chef du gouvernement.

Lors des discussions de l’Accord de Carthage 2, son parti s’était rangé derrière Hafedh Caid Essebsi demandant le départ du gouvernement Chahed avant de faire machine arrière.

Autant de volte-face qui ne permettent pas aujourd’hui de le situer dans la crise politique que traverse le pays.

Selon un membre du parti, “lui-même ne le sait pas encore. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il a une carte à jouer. Il peut faire pencher la balance d’un côté, comme de l’autre en attendant 2019”.

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