ALGÉRIE
23/08/2019 17h:34 CET | Actualisé 24/08/2019 13h:03 CET

Six mois de contestation, Alger toujours en mouvement

L’illégitimité du pouvoir est au cœur des revendications de ce vendredi. Les citoyens désavouent le panel de Karim Younes et refusent tout dialogue avec les membres qui le constitue.

RYAD KRAMDI via Getty Images

Ce vendredi, les Algériens ont bouclé les six mois de manifestation sans relâche. Le 22 février, ils se sont donné rendez-vous dans la rue et ne se sont plus quittés. Réunis autour d’un objectif commun, celui de retrouver une Algérie digne et libre de ceux qui l’ont longtemps consumé. Ce 27e vendredi à Alger la contestation est toujours vive. La promesse de poursuivre le chemin vers un meilleur avenir l’est tout autant.

Dès le matin des groupes de manifestants faisaient des allers-retours tout au long du chemin qui les mène de Didouche Mourad au boulevard Abdelkrim Khettabi. Il donne aussitôt le ton de ce 27e vendredi en scandant des slogans hostiles au chef de l’état-major Gaid Salah et aux généraux.

 

 

On entend la foule qui chantonnent ”écoute Gaid Salah, on veut un pays civil et non militaire” ou encore “les généraux à la poubelle et l’Algérie retrouvera son indépendance”, pour exprimer une des principales revendications du Hirak à savoir l’instauration d’un régime civil et non militaire.

Le nombre de manifestants s’accroît tout au long de la matinée pour atteindre les dizaines de milliers après la prière du vendredi. De Didouche Mourad à la Grande Poste et du boulevard Amirouche à la rue Hassiba Benbouali, les rues ne désemplissent pas. Les voix s’élèvent contre le système en place, le panel de Karim Younes, l’injustice que subissent les détenus d’opinion.

L’heure est au bilan


Ce 27e vendredi de manifestation certains l’ont baptisé le vendredi de  la “détermination et la continuité”. Il intervient à la fin d’un mois d’une grande chaleur qui n’a pas pour autant détourné les Algériens de leur objectif à savoir le départ du régime.

Pour les manifestants de ce vendredi, certains rappels sont nécessaires. Notamment les agissements impopulaires que les Algériens ont subi depuis le début du mouvement. Pour faire court et précis. Un manifestant a inscrit sur sa pancarte “celui qui t’empêche d’arriver à la capitale, et empêche ta voix d’arriver aux médias, comment va-il laisser ta voix arriver aux urnes ?”. En rouge il marque ”état-civil et non militaire”.

 

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Un autre manifestant adresse un message au pouvoir en place qu’il nomme le reste du gang “nous sommes Son Excellence le peuple et non pas un troupeau de moutons”. Ils ont également repris un slogan phare du soulèvement “Leblad Bladna ou ndirou Rayna”, le pays est le nôtre et on fera ce qui nous plaira.

 

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L’illégitimité du pouvoir est au cœur des revendications de ce vendredi. Les citoyens désavouent le panel de Karim Younes et refusent tout dialogue avec les membres qui le constitue. Ils appellent toujours à l’application de l’article 7 de la constitution.

 

 

Dans le même sillage, un manifestant résume en dix commandements les objectifs du Hirak, qui commencent par la primauté du civile sur le militaire et qui se termine par la naissance de la IIe république.


De ce vendredi on retiendra la forte mobilisation mais également la présence d’hommes, femmes et enfants. Jeunes et moins jeunes. En famille ou entre amis. Le futur de l’Algérie est la préoccupation de tous.

 

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Certaines pancartes expriment la sagesse des plus âgés. Un sexagénaire écrit “la pire des catastrophes serait de ne pas pouvoir supporter les catastrophes”. Une autre dame rend hommage aux jeunes en mentionnant sur sa pancarte “l’idéal du congrès d la Soummam repris par cette belle jeunesse se réalisera”.