ALGÉRIE
22/10/2019 07h:55 CET

Six détenus pour port de drapeau amazigh jugés aujourd’hui à Alger

NurPhoto via Getty Images
Algerians gather in front of Algiers Court of Justice during a protest against former Algerian Prime Minister Ahmed Ouyahia, in Algiers, Algeria on April 30, 2019. According to media reports, Ouyahia was questioned today as part of a broader investigation into corruption charges. (Photo by Billal Bensalem/NurPhoto via Getty Images)

Le procès de Meharzi Hamza, Safi Tahar, Khaled Oudihat, Bilal Bacha, Messaoud Leftissi et Djaber Aibeche en détention provisoire pour port de l’emblème amazigh a lieu ce mardi 22 octobre 2019, a indiqué le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

 

 

Les avocats qui se sont insurgés contre les mises en détention provisoire systématiques décidées par les juges d’instruction des tribunaux d’Alger (Sidi M’hamed et Bab-El-Oued)  et confirmées de “manière automatique” par la chambre d’accusation, ont bon espoir de voir les juges suivre leurs homologues des autres juridictions qui ont acquitté des prévenus pour port du drapeau amazigh.

A l’image de la juge de Annaba qui a décidé le 8 août dernier d’acquitter, Nadir Fetissi, arrêté lors de la manifestation du 5 juillet et qui était poursuivi pour  “atteinte à l’unité nationale”. La juge, qui a ordonné la restitution des drapeaux au prévenu avait suivi la loi à lettre, aucun texte n’interdisant de brandir un autre drapeau que l’emblème national. Cela a été également le cas de Hakim Aissi, acquitté le 9 septembre dernier par le tribunal de Mostaganem qui a également ordonné “ la restitution du drapeau confisqué”.

Des jugements qui montrent l’absence de base juridique aux poursuites pour port de drapeau amazigh. Les arrestations et poursuites pour port de drapeau amazigh ont commencé au lendemain d’un discours du chef d’état-major de l’ANP, le 19 juin dernier évoquant une “volonté d’infiltrer les manifestations”.

“Brandir d’autres drapeaux (que l’emblème national - ndlr) lors des manifestations par une minorité très peu nombreuse est une question sensible. Il s’agit d’une volonté d’infiltrer les manifestations” avait-il déclaré en ajoutant que  “l’Algérie n’a qu’un seul drapeau pour lequel sont morts des millions de martyrs. Elle n’a qu’un seul emblème qui représente sa souveraineté, son indépendance et son intégrité territoriale et populaire”.

Gaïd Salah avait indiqué dans ce même discours que des ordres avaient été donnés aux forces de sécurité pour une “application ferme de la loi”. Les avocats, confortés par des jugements de tribunaux, ont souligné que rien dans la loi ne criminalise le port d’un autre drapeau de l’emblème national. Ils espèrent que le procès aujourd’hui confirmera la suprématie de la loi. 

Par ailleurs, le CNLD a indiqué sur sa page facebook que le moudjahid, Lakhdar Bouregaa et l’activiste Samir Belarbi vont être “auditionnés sur le fond” ce mardi par le juge d’instruction près le tribunal de  Bir Mourad Rais.  Le moudjahed Lakhdar Bouregaa, 86 ans héros de la guerre d’indépendance et du hirak populaire du 22 février, est emprisonné depuis  le 30 juin pour “outrage à corps constitué et atteinte au moral de l’armée”.