MAROC
04/03/2019 15h:08 CET

Sit-in et marches: les enseignants contractuels reprennent le combat

Après la forte mobilisation le 20 février dernier à Rabat, ils prévoient cette semaine diverses actions partout au Maroc.

Youssef Boudlal / Reuters

CONFLIT SOCIAL - Si le gouvernement s’est dit prêt à désamorcer la crise des enseignants contractuels, ces derniers ne se montrent pas convaincus. Ils brandissent de nouveau le drapeau de la manifestation en décrétant une semaine de colère, à partir de ce lundi. “Nous voulons que le gouvernement assume ses responsabilités et ait le courage de prendre une décision politique pour réponde positivement aux revendications”, déclare au HuffPost Maroc le Secrétaire général national de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), Abderrazak Drissi.

C’est dans cet objectif que des sit-in et des marches se tiendront dans les différentes régions du royaume. “70.000 enseignants sont concernés. Devant les académies et les directions provinciales seront observés des sit-in suivis de marches”, indique le SG de la FNE. Au niveau de la région de Rabat-Salé-Kénitra, la coordination régionale des enseignants contractuels annonce, dans un communiqué, qu’elle entame sa semaine de colère par une journée de sensibilisation, ce lundi, du grand public sur son dossier revendicatif. Et, à partir de demain, sera lancé le mouvement protestataire par des sit-in au quotidien, notamment devant le conseil municipal de Kénitra et “une marche des bougies” vers la place de la fontaine (Kénitra), demain également. 

Les enseignants contractuels se donnent, ensuite, rendez-vous devant le siège du ministère de l’Éducation nationale à Rabat le jeudi. Une marche les conduira, le lendemain, vers le siège du Parlement. “On ne peut pas concevoir une école publique unique avec deux catégories d’enseignants: ceux que nous pouvons appeler ‘fonctionnaires normaux’ et les autres ‘soumis’ par un contrat à toute action et administration, contraints de vivre la précarité du travail au sein de l’Etat”, fustige le syndicaliste. 

Pour ce dernier, si le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, rassure sur les droits de cette catégorie d’enseignants, “pourquoi persiste-t-il à lui faire signer des contrats? Il n’a qu’à l’intégrer directement dans la fonction publique”. Quant à la volonté du gouvernement d’ouvrir la porte du dialogue, annoncée, jeudi dernier par Mustapha El Khalfi, le SG de la FNE reste sceptique. “C’est un premier pas qui, pour nous, relève d’une reconnaissance de la situation des contractuels. A présent, nous attendons un grand pas pour en finir avec ce problème”, souhaite Abderrazak Drissi. Et de souligner que cela “coûtera zéro dirham au gouvernement”. 

La FNE, un des syndicats de l’enseignement reçus il y a une semaine par le ministre de l’Éducation nationale, explique avoir profité de l’occasion pour réitérer cette doléance des contractuels, mais aussi souligner au département de Saaid Amzazi leur colère. “Nous lui avons transmis nos inquiétudes quant à la situation en insistant sur l’impact négatif des grèves sur l’école publique et les élèves”, dit-il, regrettant que cela “n’ait pas suscité l’effet escompté auprès du ministre”.

Pas de solution, pas d’arrêt de mouvements protestataires. C’est, pour la FNE, une logique qui s’impose par la force des choses. “Je me rappelle que nous avions prévu une grève le 23 mars 2017 et que les patrons des écoles privées, eux aussi, en avaient annoncé une pour le 14 du même mois. Ils ont été reçus bien avant par les responsables et ont ensuite eu une réunion avec la Direction générale des impôts. Ils ont réglé leur problème alors que nous, nous avions eu droit au mutisme”, raconte Drissi. Pour lui, ce souvenir représente ce qu’il qualifie de “mépris de la politique de l’enseignement envers l’école publique et ses enseignants”. Et d’estimer que la crise des contractuels est la résultante de “cet état d’esprit”.