TUNISIE
19/09/2019 20h:58 CET

Sit-in du collectif de défense de Belaid et Brahmi: Soutien de la LTDH, l'AMT appelle à une grève dans les tribunaux

Le sit-in des membre du Collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi avait été évacué par les forces de l'ordre.

Facebook/Comité de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi
Chokri Belaid et Mohamed Brahmi

La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a dit soutenir, jeudi, le mouvement de protestation observé par le Collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi dans l’enceinte du Tribunal de première instance de Tunis 1.

Le Collectif de défense réclame le transfert de l’affaire dite de ”l’appareil secret” du mouvement Ennahdha au juge d’instruction, en raison du danger qui pèse sur la sécurité nationale, la paix sociale et le caractère civil de l’Etat.

Dans un communiqué publié, jeudi, la Ligue exprime son soutien aux efforts déployés par les avocats concernant la divulgation des détails relatifs à l’appareil secret d’Ennahdha, dénonçant des pressions exercées pour lever le sit-in des avocats au sein du Tribunal.

”La lenteur constatée dans le traitement du dossier est “injustifié”, d’autant que les éléments de ce dossiers ont été rendus publics le 2 octobre 2018“, lit-on dans un communiqué de la Ligue.

L’AMT appelle à une grève générale avec présence sur les lieux du travail à partir de demain

Le bureau exécutif de l’Association des magistrats tunisiens (AMT) a appelé à une grève générale avec présence sur les lieux du travail, dans tous les tribunaux de la République, à partir de vendredi 20 septembre 2019.

L’AMT réclame une enquête sur les incidents survenus, ce jeudi, au Palais de justice, appelant à poursuivre toute personne dont l’implication sera prouvée.

Selon un communiqué de l’AMT, la grève devait se poursuivre pendant une semaine, en attendant l’issue de l’enquête.

Par ailleurs, le bureau de l’association a dénoncé, l’intrusion de certains avocats du collectif de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi dans le bureau du procureur de la République près Tribunal de première instance de Tunis. Ces derniers aurait proféré des injures envers le procureur de la République et refusé de quitter les lieux, selon toujours un communiqué de l’AMT.

L’intrusion du bureau du procureur de la République constitue une menace pour la sécurité nationale 

Le porte-parole du Tribunal de première instance de Tunis, Sofiene Selliti, a qualifié de “menace pour la sécurité nationale” l”intrusion, jeudi, au siège du Tribunal de première instance de Tunis d’un groupe d’avocats au bureau du procureur de la République pour y observer un sit-in.

“Le procureur de la République représente le ministère public du Pôle judiciaire de la lutte contre le terrorisme. En d’autres termes, son bureau recèle des dossiers assez délicats et confidentiels”, a-t-il déclaré à l’agence TAP.

Cette action a engendré une paralysie totale des activités du ministère public au Tribunal, “surtout que ce groupe d’avocats a fait irruption au bureau du procureur, endommagé son contenu, notamment les dossiers, et proféré des outrages portant atteinte à la souveraineté du pouvoir judiciaire et au prestige de l’Etat”.

Relatant les faits, Selliti a indiqué qu’un groupe d’avocats a fait irruption à 10h00 du matin jeudi, au bureau du procureur de la République à Tunis, réclamant des explications sur les plaintes déposées dans le cadre de l’affaire dite de “l’appareil secret” dont il accuse le mouvement d’être l’instigateur.

Ces avocats ont annoncé ensuite leur décision de “prendre possession” des lieux pour y observer un sit-in, ce qui a contraint le procureur de la République à quitter les lieux, explique selliti, précisant que tous les faits sont authentifiés par des enregistrements audiovisuels.

Ce groupe d’avocats a été évacué par les forces de l’ordre, a-t-il ajouté.

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