ALGÉRIE
20/12/2018 16h:19 CET | Actualisé 20/12/2018 17h:01 CET

Sit-in devant la cinémathèque algérienne contre la nomination de Salim Aggar

Facebook/damien.ounouri
Radio algérienne

Une vingtaine de réalisateurs, scénaristes et acteurs ont tenu ce jeudi 20 décembre 2018 un sit-in devant la cinémathèque algérienne, sise à la rue Larbi Ben M’Hidi à Alger-Centre, pour protester contre la nomination de Salim Aggar à sa tête.

Les réalisateurs Damien Ounouri, Karim Moussaoui et Sofia Djama étaient présents à ce sit-in, auquel ont également pris part des acteurs, à l’instar de Bendimerad Adila ou des journalistes comme Mustapha Benfodil.

Les protestataires brandissaient cet après-midi des pancartes pour appeler à “sauver la cinémathèque, en danger”, exiger la “démission du directeur” et exprimer leur refus devant cette nomination. 

Les protestataires ayant pris part à ce sit-in, avant d’être rapidement dispersés par les forces de l’ordre, font partie des signataires d’une pétition rendue publique mardi 18 décembre, dénonçant la nomination de Salim Aggar à la tête de la Cinémathèque algérienne, une “ultime insulte à l’intelligence du cinéma”. 

Outre Karim Moussaoui, Hassen Ferhani, Sofia Djama, Adila Bendimerad, Bachir Derrais et Malek Bensmaïl figurent également parmi la centaine de noms de professionnels qui ont déjà signé le texte appelant à l’annulation de la nomination de M. Aggar.

Partie prenante dans plusieurs polémiques, dont la censure du film “Larbi Ben Mhidi” de Bachir Derraïs par une commission de visionnage dont M. Aggar fait partie, le journaliste a été désigné mardi 12 décembre directeur de la Cinémathèque algérienne par le ministre de la Culture. 

 

Salim Aggar a également attaqué, sous le pseudo Amira Soltane dans le journal l’Expression, le réalisateur Malek Bensmaïl, alors que ce dernier était son concurrent pour un prix du documentaire au festival du cinéma arabe d’Oran en juillet dernier. 

M. Aggar a en outre accusé les organisateurs des rencontres cinématographiques de Béjaïa d’être financés”entièrement” par l’Institut français d’Algérie, une accusation démentie par les concernés. 

 

“Il a piétiné l’éthique et la déontologie pour faire de la délation infamante son seul « savoir-faire »”, dénonce la pétition, également signée par les journalistes et écrivains Kamel Daoud, Sid-Ahmed Semiane, Mustapha Benfodil et Adlène Meddi. 

“Nous, Femmes et hommes, professionnels, amateurs et amoureux du cinéma, refusons cette nomination. Elle est un acte de provocation. Une ultime insulte à l’intelligence du cinéma. Nous la dénonçons avec colère et inquiétude”, s’indignent les signataires du texte. 

Pour eux, la cinémathèque est “un enjeu trop sensible: c’est l’arrière cour du cinéma, une citadelle imprenable, celle où toutes les créations trouvent refuge, loin de la censure, de la propagande et du propos convenu. Un musée de l’expression libre, une agora de la réflexion, un musée du patrimoine filmique dans sa totale diversité”.

Avec la nomination de Salim Aggar, “c’est cette diversité justement qui est aujourd’hui menacée de mort”, ajoute-t-on.

“Cette nomination est un écran noir. Elle doit être purement et simplement annulée”, conclut le texte.

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