TUNISIE
27/03/2019 13h:46 CET

Sihem Ben Sedrine: "L'État a refusé la somme de 1500 millions de dinars de la part de Belhassen Trabelsi et Sakher El Materi"

La présidente de l'IVD a également renouvelé ses accusations envers le gouvernement, d'avoir volontairement entravé le processus de restitution de l'argent et bien spoliés.

FETHI BELAID via Getty Images

Après avoir accusé à plusieurs reprises le ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières, ainsi que le Chargé du contentieux de l’État, d’avoir volontairement entravé le processus de restitution de l’argent et des biens spoliés, la présidente de l’Instance Vérité & Dignité, Sihem Ben Sedrine persiste et signe: Le gouvernement a refusé plusieurs offres, notamment de Sakher El Materi et Belhassen Trabelsi.

Elle livre ainsi de nouveaux détails sur les accords proposés par l’ex gendre de Ben Ali, Sakher El Materi, ainsi que le frère de Leila Trabelsi, Belhassan Trabelsi.

Dans une déclaration à Mosaique FM, Ben Sedrine affirme que l’État a refusé la somme de 1000 millions de dinars de la part de Belhassan Trabelsi, et celle de 500 millions de dinars de la part de Sakher El Materi. .

Selon elle, le Chargé du contentieux de l’État n’a accepté de trancher que dans sept dossiers sur les 685 dossiers initialement présentés à l’instance.

En janvier dernier, celle-ci avait affirmé que sans ces “blocages” de la part du gouvernement, les montants restitués auraient atteint des milliers de millions de dinars, au lieu des 740 millions encaissés par l’État jusque là.

À l’occasion de la publication de son rapport global final mardi, Sihem Ben Sedrine a précisé que la fin de la mission de l’IVD ne signe pas la fin du processus de justice transitionnelle. “Le processus est maintenant entre les mains de la justice. Nous lui avons transféré 174 dossiers. C’est à la justice maintenant de procéder aux auditions et aux jugements” a-t-elle déclaré au micro de Mosaique FM.

L’instance avait d’ailleurs remis son rapport au Conseil Supérieur de la Magistrature à la même date de sa publication sur son site, et le 28 février dernier au président de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Mohamed Ennaceur.

 

Interrogée sur ses projets politiques d’avenir et son éventuelle adhésion à un parti politique, Ben Sedrine a affirmé qu’elle ne compte se livrer à aucune activité politique.

Elle explique qu’elle s’est donnée pour mission de faire connaitre le rapport de l’IVD aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, dans le but de rendre justice aux victimes.

“Je ne ferai partie d’aucune instance ni parti politique, et je me consacrerai à la société civile” a-t-elle martelé.

En janvier dernier, Sihem Ben Sedrine avait évoqué la possibilité de revenir dans un livre sur les multiples rumeurs qui avaient visé l’IVD.

“Lorsque je trouverai plus de temps, dans 2 ou 3 ans, j’écrirai un livre sur les innombrables rumeurs colportées à l’encontre de l’Instance” avait-elle déclaré.

Créée par la loi organique 2013-53 du 24 décembre 2013, relative à l’instauration de la justice transitionnelle et à son organisation, l’Instance a été chargée de recenser en vue d’indemniser les victimes des abus des régimes de Ben Ali et Bourguiba.

Son activité couvre l’ensemble de la période comprise entre le 1er juillet 1955 et la date de promulgation de cette loi.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.