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15/10/2019 10h:17 CET | Actualisé 15/10/2019 10h:17 CET

Signe de la bonne santé de la révolution, la décantation des forces

Associated Press
Algerians take part to a protest in front of their parliament against a bill aimed at attracting foreign investment to the oil and gas sector, which underpins the national economy in Algiers, Sunday, Oct. 13, 2019. Surrounded by police, protesters raised their fists and accused the government of selling out the country's resources and threatening their children's futures. (AP Photo/Fateh Guidoum)

1.     La poursuite, massive, pacifique et déterminée, de la révolution populaire conduit, jour après jour, semaine après semaine, à clarifier la situation politique qui prévaut en Algérie, les enjeux de la lutte en cours, l’identité réelle des différents parties et protagonistes.

2.     La force de la révolution provoque une forte réaction de la contre-révolution. Ce sont toutefois des forces de nature différente : si la force de la révolution est celle de la volonté politique de millions d’Algériens conscients de la réalité dans toutes ses dimensions, la force de la contre-révolution est celle de l’agressivité et de la cupidité poussées à l’extrême par la conscience de l’inéluctable échec d’un régime en faillite sur tous les plans.

3.     L’illusion d’imposer des élections que le mouvement populaire refuse, ou de s’acheter des soutiens étrangers en aliénant les ressources vitales du pays, sont autant d’actes qui traduisent l’incapacité du régime à sortir de l’impasse où il se trouve et où il entraîne avec lui le pays tout entier.

4.     Un régime illégitime et incompétent ne peut rien faire d’autre que de raisonner en termes simplistes, en confondant force et violence, illusion et réalité, vérité et mensonge, et, au lieu d’accepter la volonté populaire, il ne sait que s’en remettre à des «sauveurs suprêmes» sans voir que ceux-ci œuvrent  dans l’intérêt de leurs pays qui, en l’occurrence, leur commande de préférer une Algérie dont la stabilité sera durablement fondée sur les bases d’un régime démocratique, d’un Etat de droit, d’une population mobilisée pour la production et le développement, à un pays à haut risque permanent du fait de la précarité d’un régime rejeté par le peuple et incapable d’apporter le minimum de stabilité juridique et politique qu’exige les rapports internationaux.

5.     La tentative de faire passer en catimini une loi sur les hydrocarbures que le régime, du temps de sa splendeur, n’avait pu faire passer, a entraîné une réaction immédiate de la population. Une population qui prouve, à chaque étape de la révolution, qu’elle est non seulement détentrice de toute la légitimité politique, mais que, de plus, elle possède la compétence technique de juger de tout ce qui concerne le pays et son avenir, qu’il s’agisse de la Constitution, du pétrole, ou de la politique internationale ; les Algériens savent en effet distinguer le vrai du faux, le bien du mal, et ce qui est dans l’intérêt du pays et du peuple, et ce qui s’y oppose. Comme le montrent les dernières manifestations, cette décantation s’opère à chaque occasion, à chaque phase de la lutte, massive, pacifique et déterminée des Algériens pour la dignité, la justice et la liberté.