TUNISIE
09/01/2019 21h:04 CET

Signature d'un accord-cadre entre le gouvernement et le SNJT, la grève des journalistes annulée

"Cet accord est un événement historique dans le secteur de l’information", s’est félicité le président du SNJT, Néji Bghouri

NurPhoto via Getty Images

Une convention collective des journalistes tunisiens a été signée ce mercredi 09 janvier au siège de la présidence du gouvernement, entre le président du SNJT, Néji Bghouri, et le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, en présence des représentants des structures professionnels.

Constituée de 36 clauses, cette convention vise à améliorer la condition de travail du journaliste et à garantir ses droits à l’instar des contrats, du salaire minimum, des congés et des heures de travail.

Elle concerne toutes catégories confondues que ce soient des entreprises de presse écrite, électronique, audiovisuelle, les agences de presse, et d’édition publiques ou privées.

L’accord porte, en effet, organisation du secteur de l’information, définit les critères de recrutement dans le secteur et fixe le plafond salarial.

Il définit également les droits matériels et moraux des journalistes, fixe les différentes formes de contrats envisagés avec les établissements médiatiques et organise le travail journalistique.

En vertu de cet accord, tout établissement médiatique s’engage à respecter le droit syndical, à éviter toute pression qui risque de compromettre la liberté du journaliste et à définir les modalités de l’action syndicale au sein des établissements médiatiques.

Des décisions audacieuses ont été prises poussant, ainsi, la SNJT à annuler sa grève prévue pour le 14 janvier 2019. 

Parmi les décisions évoquées dans cette convention:

* Lors des recrutements, 50% des postes d’emploi doivent être accordés aux candidats détenant des diplômes universitaires en journalisme et communication et au cas où qu’il n’y a qu’un poste à pourvoir, il doit être pris parmi ces candidats. 

* Le journaliste perçoit un salaire brut de 1400 dinars/mois et bénéficie également de privilèges et indemnités complétant ce salaire de base.

* Le nombre d’heures de travail est de quarante heures par semaine, auxquelles s’ajoutent les heures d’aller et de retour pour les journalistes chargés de missions à l’extérieur. Les heures travaillées au dessus de ces horaires, sont considérées comme étant des heures supplémentaires payées en fonction de la législation en vigueur.  

* Les journalistes qui travaillent pendant les séances nocturnes bénéficient d’une majoration de salaires de 25% du salaire de base.

* Le journaliste bénéficie d’un repos d’un ou deux jours par semaine, selon la répartition des heures de travail hebdomadaires. 

* Le journaliste bénéficie d’un congé annuel de 30 jours. Ils bénéficient, également, d’un congé spécial pour des raisons familiales, 15 jours au moins, où il perçoit l’intégralité de son salaire.

* Si le journaliste est obligé d’exercer son activité professionnelle pendant les jours fériés, il bénéficie d’une augmentation de 100 % de son salaire de base, ou bien d’une récupération de deux jours, (pour un seul jour travaillé). 

“Cet accord est un événement historique dans le secteur de l’information”, s’est félicité le président du Syndicat national des journalistes tunisiens, Néji Bghouri lors d’une conférence de presse donnée à l’issue de la signature des accords.

“Cet accord vient rompre avec la pauvreté et la marginalisation que vivent plusieurs journalistes”, a-t-il indiqué.

Selon Bghouri, le Syndicat va se pencher au cours de la période à venir sur le projet d’instauration d’un Conseil de la presse ainsi que sur l’examen de l’idée de création d’un centre de sondage d’opinion pour mettre un terme à toute forme de manipulation dans le secteur.

Pour le président de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA), Nouri Lajmi, qui était présent à la cérémonie de signature, cet accord va barrer la route à certains établissements médiatiques qui ne respectent pas la déontologie de la profession, particulièrement ceux qui exercent dans le secteur de l’audiovisuel.

De son côté, le ministre des Affaires sociales a réaffirmé l’engagement de l’Etat à instaurer un climat favorable à la liberté de la presse et à garantir les droits sociaux du journaliste, afin de lui permettre de s’acquitter pleinement de sa mission.

Il a également mis l’accent sur la nécessité de préserver l’acquis de la liberté de la presse et d’instaurer le cadre juridique régissant le secteur.

 

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