TUNISIE
20/06/2019 15h:09 CET

Sondage Emrhod consulting: 42,8% des Tunisiens ne savent pas pour qui voter aux législatives, Nabil Karoui en tête pour la présidentielle

Les Tunisiens aspirent à un renouvellement de la classe politique selon le sondage...

Anadolu Agency via Getty Images

Une Tunisie insoumise? Après le “séisme” dévoilé par le récent sondage de Sigma Conseil marqué par l’irruption de candidatures anti-système au devant des intentions de vote, un autre sondage d’Emrhod Consulting vient enfoncer le clou. Tous les partis et personnalités politiques “classiques” ont vu les chiffres de leurs intentions de vote baisser au fil des mois. 

C’est Nabil Karoui, le patron de Nesma TV, qui domine le sondage d’Emrhod Consulting. Il reste le préféré des sondés malgré les polémiques et son bilan très mitigé avec la Haica. 

Avec 26,5%, Karoui caracole loin devant ses adversaires à la course à la présidentielle, et creuse désormais l’écart. Le Chef du gouvernement Youssef Chahed n’a récolté que 5,8% des intentions de vote. Un taux qui le place en cinquième position, derrière le professeur universitaire Kais Saied qui, lui,  a réussi à collecter 15,2% des intentions de vote.

Non loin de lui, à 5%, arrive Abir Moussi, la présidente du Parti Destourien Libre (PDL), suivie d’autres personnalités (3,4%), le secrétaire général du parti Attayar Mohamed Abbou (2,3%), le dirigeant du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi (1,9%) et le journaliste Safi Saïd (1,9%).

Ensuite viennent l’ancien Chef du gouvernement et fondateur d’Al Badil Ettounsi Mehdi Jomaa (1,5%), l’ancien président de la République Moncef Marzouki (1,5%), le chef du parti Al Moubadara, Kamel Morjane (1,2%) et le porte-parole du Front populaire Hamma Hammami (1,2%). 

Si la présidentielle serait demain, 24,6% des personnes interrogées n’ont toujours pas une nette idée sur leurs choix ou refusent de se prononcer alors que 8,1% des sondés rejettent toutes les candidatures confondues. 

C’est nouveau coup dur qui reflète un sentiment de rejet des figures traditionnelles de la politique et un dégoût prononcé du politique. Selon ces données, les prémices “d’une révolution politique” se font ressentir, une majorité de Tunisiens semblant chercher de nouvelles alternatives.

Emrhod Consulting

Même constat pour les législatives. À quelques mois des élections, 42,8% des sondés ignorent pour qui voter. Tandis que 36,8% des personnes interrogées tournent le dos aux partis “classiques” présentés par le sondage. Ils reportent leurs voix pour le parti de Nabil Karoui (22,9%), même si ce parti n’est pas encore officiellement créé, et l’association “3ich Tounsi” (4,6%).

Le premier parti “classique” qui apparait dans ce sondage, c’est le mouvement Ennahdha avec 6,9% des intentions de vote, suivi par le PDL (3,8%) et Tahya Tounes (3,1%) et Nidaa Tounes (1,9%).

Emrhod Consulting

Même si ce sondage a été réalisé entre le 14 et le 17 juin 2019, soit peu avant que le Parlement n’adopte les amendements qui écartent Nabil Karoui et 3ich Tounsi, de la course électorale, il révèle l’échec de la classe politique actuelle, et ce à quelques mois des élections. 

Si dans ce tourbillon politique, des modifications ont été apportées à la loi électorale pour barrer la route aux candidats en tête des sondages, rien n’est encore joué. Certains députés comptent faire un recours pour inconstitutionnalité de certaines dispositions de la loi électorale

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