MAROC
22/12/2018 08h:30 CET

Shutdown: le mur voulu par Trump paralyse les administrations fédérales

Par conséquent, des administrations devraient rester fermées et des centaines de milliers de fonctionnaires être placés en congé sans solde.

Le HuffPost
Donald Trump à la Maison Blanche vendredi 21 décembre.

INTERNATIONAL - C’était pressenti, c’est désormais inéluctable. Faute d’accord, la paralysie des administrations fédérales est entré en vigueur à partir de vendredi 21 décembre à minuit aux États-Unis, après la suspension de séance à la Chambre des représentants sans avoir abouti à un compromis budgétaire.

Pour éviter ce “shutdown” à l’échéance de vendredi soir, il fallait que les deux chambres du Congrès et la Maison Blanche trouvent un accord sur le budget fédéral. Malgré d’ultimes tractations, ils ne sont pas parvenus à sortir de l’impasse autour du financement d’un mur à la frontière avec le Mexique, par conséquent des administrations devraient rester fermées et des centaines de milliers de fonctionnaires être placés en congé sans solde.

C’est donc l’une des principales promesses de Donald Trump qui a conduit à cette situation. Il exige, pour apposer sa signature, l’inclusion dans le budget d’une enveloppe de 5 milliards de dollars pour payer ce mur. Ou, à défaut, qu’un montant substantiel soit consacré à la sécurité aux frontières.

Il avait prévenu jeudi qu’il ne promulguerait pas un compromis de court terme du Sénat permettant de financer le gouvernement jusqu’au 8 février car il ne comprenait pas suffisamment de moyens pour le contrôle des frontières. Le milliardaire a reporté son départ prévu vendredi après-midi pour ses vacances de fin d’année à Mar-a-Lago, en Floride.

“J’ai annulé mon voyage à bord d’Air Force One en Floride pendant que nous attendons de voir si les démocrates nous aideront à protéger la Frontière Sud de l’Amérique”, a-t-il tweeté environ un heure avant l’annonce de la suspension de séance de la chambre basse du Congrès américain.

La Chambre des représentants et le Sénat devraient reprendre leurs travaux samedi à midi (17H00 GMT). Des sénateurs ont expliqué à la presse que les responsables des deux partis au sein du Congrès avaient négocié en coulisses avec la Maison Blanche, en particulier avec le vice-président Mike Pence ainsi qu’avec Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, ou encore avec le prochain secrétaire général par intérim de la Maison Blanche Mick Mulvaney.

L’un des principaux sujets abordés a été l’enveloppe de 1,6 milliard de dollars qui figurait dans le projet du Sénat, a expliqué à l’AFP le sénateur républicain John Cornyn. Il s’agissait notamment d’éviter un “shutdown” pendant les fêtes de fin d’année.

“Espérons que le shutdown ne durera pas longtemps”

Alors que le “shutdown” n’était pas tout à fait entériné, Donald Trump n’a pas tardé à réagir, en publiant une vidéo sur son compte Twitter. “Espérons que le shutdown ne durera pas longtemps”, a-t-il dit, quelques heures avant la paralysie des administrations fédérales. 

Il s’agit donc du 3e “shutdown” de l’ère Trump, après deux arrêts successifs en janvier et février. Cette fois, Donald Trump s’est dit prêt à un “très long” blocage pour obtenir le financement d’un mur dont il a fait le leitmotiv de sa politique migratoire.

Si quelque 75% des services fédéraux ont des budgets approuvés pour plusieurs mois encore et ne seraient donc pas affectés, des ministères importants seraient touchés dont ceux de la Sécurité intérieure, de la Justice, du Commerce, des Transports, du Logement et du Trésor. Ou encore celui de l’Intérieur, qui gère les parcs nationaux très visités pendant les fêtes, comme le Grand Canyon.

Sur la base du “shutdown” de janvier 2018, déjà causé par un désaccord sur la politique migratoire, la plupart des parcs devraient rester ouverts malgré la mise au chômage technique de 80% des employés du National Park Service, qui devrait se traduire par la fermeture de nombreux services aux visiteurs (magasins, restaurants, toilettes...).

La Statue de la Liberté pourrait être inaccessible: elle était restée fermée deux jours en janvier, avant que l’Etat de New York ne la rouvre en finançant lui-même ses opérations -pour 65.000 dollars par jour. Les grands musées Smithsonian de Washington ont eux indiqué pouvoir rester ouverts jusqu’au 1er janvier.

Les parlementaires démocrates ont estimé que plus de 800.000 fonctionnaires fédéraux seraient affectés, sur un total de 2,1 millions.

Quelque 380.000 personnes devraient ainsi être mises au chômage technique, dont 95% des employés de la Nasa et du ministère du Logement, et 52.000 employés des services fiscaux.

Près de 420.000 autres fonctionnaires, aux services jugés essentiels, devront travailler sans être payés dans l’immédiat, selon les démocrates: 150.000 employés du ministère de la Sécurité intérieure, dont dépend la police des frontières et des transports, et plus de 40.000 agents de la police fédérale (FBI), de l’agence anti-drogue DEA et de l’administration pénitentiaire.

Cet article a été initialement publié par le HuffPost France