MAROC
09/08/2019 18h:21 CET

"Shortgate": Cette réponse de Hassan II au sujet du code vestimentaire des filles est plus d'actualité que jamais

Voilà qui est dit.

Capture d'écran Youtube

LIBERTÉ INDIVIDUELLE - Le 17 décembre 1989, l’émission “l’Heure de vérité” sur antenne 2 (France2, actuellement) recevait comme invité de marque, le roi Hassan II. Diffusé en direct depuis le palais royal de Rabat, en présence notamment de Mohammed VI, à l’époque prince héritier, l’entretien d’une durée d’une heure et quart fait le point sur plusieurs questions qui faisaient (et font encore) l’actualité.

Interrogé par les journalistes de la chaîne française au sujet du voile et des codes vestimentaires mais aussi comportements des jeunes musulmanes, Hassan II n’y va pas par quart chemins. 30 ans après, sa réponse est plus d’actualité que jamais. 

Alain Duhamel: Pour des jeunes filles musulmanes qui souhaitent respecter leur religion, ce qui est tout à fait honorable, est-il possible ou non, souhaitable ou non, d’être dispensé de certains cours comme, par exemple, le dessin, les sciences naturelles, la natation... Bref, tout ce qui pourrait de près ou de loin représenter le corps ?

Hassan II: C’est vraiment se couper les cheveux en huit. Mes filles ont fait de la natation, ont fait du basket en short, ont fait du tennis en jupe de tennis, ont eu le sport en matière option. Pareil pour mes sœurs du temps de mon père, ma petite-fille... Les parents de tous les Marocains ne comprendraient pas que l’on vienne les amputer de quelque chose que la religion leur a reconnue. A condition, bien évidement, qu’il n’y ait pas provocation et remous de la société.

Pour rappel, le Maroc a de nouveau fait les gros titres, après que des adolescentes belges, venues accomplir des actions bénévoles dans des villages reclus du sud du royaume, se retrouvent la cible d’incitation à des actes terroristes par un enseignant à Ksar El Kébir voyant mal qu’elles portent des “shorts”.

Active au Maroc depuis plus de 14 ans, l’association flamande Bouworde a décidé de mettre fin à son action humanitaire dans le pays pour garantir la sécurité de ses jeunes membres devenues au centre d’une polémique nationale. 

Capture d'écran

En réaction, plusieurs internautes ont lancé une campagne de solidarité avec les jeunes filles en dévoilant le hashtag #ShortonsLes, invitant le plus grand nombre de femmes et d’hommes de tout âge à publier des photos d’eux en short.

Dans ce cadre, une marche de soutien baptisée “Yes We Short!” sera organisée ce samedi 10 août, sur la corniche de Aïn Diab à partir de 17h30 devant devant Tahiti Beach Club. Initiée par des associations, ce sera un défilé en short le long de la corniche casablancaise contre les idées obscurantistes.