TUNISIE
30/07/2018 16h:13 CET

Ils ont enflammé le Fairground Festival - Shkoon: Une musique hybride, une musique sans frontières

La musique est partage, elle ne devrait pas avoir de frontières. Le visa a tranché mais l’Art finit toujours par triompher.

Fairground Festival

Quand musique classique, musique orientale et musique électronique se croisent à Hambourg, en Allemagne, un collectif voit le jour et son succès ne tardera pas à surgir et à faire le tour du monde.

C’était il y a environ deux ans et demi, quand Thorben, Ameen et Maher se rencontrent lors d’une session de jam. Leurs talents s’entremêlent sans fard. “Les mecs, vous devez continuer ça!”, lancent leurs potes. 

Shkoon se forme. Un collectif qui réunit l’Allemand et les deux Syriens autour d’un violon, d’un piano, de synthétiseurs et de percussions. Un mélange à la charnière entre les sons mélodieux de la musique classique et les sons vibrants de la House, imagés par les textes en langue arabe, en dialecte syrien, chantés par Ameen. 

Le collectif atterrit en Tunisie, tout d’abord en Mars 2018, dans un club à Gammarth, une deuxième fois, à Sousse, au Fairground Festival, en Juillet 2018, et ce ne serait pas la dernière, assure Thorben, membre du groupe, au HuffPost Tunisie.

On a donc pu goûter à cette musique moelleuse le deuxième jour du festival. Sur la grande scène, on a entendu surgir les sons mélodieux de Shkoon et on s’est balancé aux rythmes de ses machines.

Aux frontières de la musique

Thorben était venu seul. Les deux autres membres de Shkoon eux n’ont pas obtenu leur visa.

Maher et Ameen ont fui la guerre en Syrie et se sont réfugiés en Allemagne, où ils répandent la paix à travers la musique. Ils n’ont pas de passeports syriens, mais ont des documents de voyage allemands, qui normalement devraient leur permettre de voyager partout. Mais ce n’est pas toujours le cas.

“Nous étions en train de planifier notre premier gig en Tunisie, mais en apprenant qu’Ameen n’avait pas obtenu son visa, nous avons commencé à hésiter”, explique Thorben.

Ils avaient déjà annulé des gigs dans d’autres pays à cause d’un visa refusé, raconte-t-il, car ils espéraient pouvoir jouer ensemble. Mais pour cette fois là en Tunisie, “on a décidé que je le fasse seul pour tenter le coup, et qui sait, peut-être que nous rencontrerons les bonnes personnes qui nous aideraient à obtenir un visa pour les prochaines fois”.

Si pour leur deuxième date en Tunisie, au Fairground, Thorben est encore obligé de venir seul, ils continuent d’y croire, ils trouveront une solution.

“Quand je suis venu en Mars, l’énergie était grandiose, le public aussi. C’était évident que nous allions revenir en Tunisie”, raconte-t-il. 

Fairground Festival

Pour Ameen et Maher, bien que physiquement absents, on arrivait quand même à sentir leur présence, tant dans les réponses de Thorben, (qui n’utilise quasiment pas la première personne pour répondre N.D.L.R) que dans sa prestation. 

Mais s’il n’en ressort que des ondes positives, on ne peut passer sans le dire, la musique est partage, elle ne devrait pas avoir de frontières. Le visa a tranché mais l’Art finit toujours par triompher.

Shkoon, une fusion sans frontières

Shkoon allie différents styles de musique et différents instruments, mais les trois amis se ressourcent tous d’une même musique, la musique classique.
Orientale pour Maher et Ameen, occidentale pour Thorben. 

Ameen est vocaliste et percussionniste du groupe, Maher est violoniste, Thorben est pianiste et s’occupe également de la partie électro, “Je ne m’y connaissais pas en ingénierie du son, et je suis tombé sur les DAW et les logiciels de mixage, c’est comme ça que c’est arrivé, qu’on a mêlé les deux styles”, raconte Thorben. “Aujourd’hui, nous explorons petit à petit la scène électronique. Nous n’avons pas de plan directeur, tout se produit naturellement, et nous en sommes contents”. 

Au Fairground Festival

Thorben est monté seul sur scène. Mais si l’on oublie cet aspect là, on se rappellera de cette bonne musique qui a paisiblement fait vibrer la grande scène de l’Ecovillage. Une musique qui transporte à en oublier sa nationalité. Légers et pleins d’énergie, les festivaliers n’ont pu qu’apprécier Shkoon. 

De même pour Thorben. “Je suis submergé, je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi bien”, confie-t-il. “Il y a une superbe énergie, les gens sont magnifiques”. 

“J’ai entendu parler du Fairground Festival l’année dernière, quand Alex and Saksia, aka Just Emma, ont joué ici, ils sont nos mentors”, raconte encore Thorben, “J’ai vu les photos, ça avait l’air grand et je me suis dit, c’est vraiment en Tunisie? Et quand je suis venu ici il y a quelques heures, il s’avère que c’est encore plus grand que ce que j’ai imaginé”, décrit-il, content de voir cela ici, en Tunisie.

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