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22/02/2019 20h:01 CET | Actualisé 22/02/2019 20h:01 CET

Shams, la principale association de lutte pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie, risque de voir ses jours comptés...

Réaction curieuse, quand on sait que l’association est reconnue par l’État depuis le 17 mai 2015.

FETHI BELAID via Getty Images

On apprend aujourd’hui, que la principale association tunisienne de défense des droits LGBT, forte de ses 135.000 abonnés sur Facebook et de ses multiples initiatives pour sauver, quotidiennement, les 147 personnes encore emprisonnées dans les geôles tunisiennes en 2018, pour homosexualité, risque d’être définitivement fermée par l’État.

Le chargé du contentieux de l’État a fait appel de la décision du tribunal de Tunis du 23/02/2016 qui avait annulé l’ordonnance de la suspension des activités de l’association Shams. Dans ses conclusions, il affirme que l’homosexualité “est contraire à l’islam” et que “cette association heurte la sensibilité arabo-musulmane du peuple tunisien”.

  • Mounir Baatour
    Shams
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Réaction curieuse, quand on sait que l’association est reconnue par l’État depuis le 17 mai 2015. Réaction encore plus suspicieuse quand on lit l’actualité politique du moment où le parti Ennahdha, islamo-conservateur, longtemps financé par les “frères musulmans” est crédité dans les derniers sondages de 33% des votes. Loin devant les autres partis...

Une bien triste nouvelle. Comme toujours l’association Shams poursuit son travail d’aide aux victimes. Elle a réussi à sauver des centaines de vies de jeunes homosexuels en les exfiltrant de ce nouveau goulag grâce à l’aide de quelques représentants diplomatiques occidentaux.

Reste l’étonnante volte-face du gouvernement de Youssef Chahed, qui, en rentrant d’une visite officielle à Paris avait dû faire face à plusieurs recommandations sur la question LGBT+. Recommandations assez soulignées de la part de notre premier partenaire économique, la France.

Il va de soi que nous nous défendrons, légalement, pour dire la seule vérité qui vaille. L’égalité citoyenne. Une démocratie ne tiendra jamais debout sans ses plus ardents défenseurs.

Tuez-nous, nous savons notre cause juste. Alors nous serons encore plus forts. Shams ne mourra pas.

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