TUNISIE
28/03/2018 19h:44 CET | Actualisé 29/03/2018 13h:06 CET

Sexe, amour, travail... la BD qui brise les tabous des sociétés maghrébines

Ancien directeur artistique dans la publicité, Salim Zerrouki s'est converti avec succès à l'humour.

Algérien résident à Tunis, Salim Zerrouki vient de publier sa BD “Comment se débarrasser de nous pour un monde meilleur”. Volontairement provocateur, Salim Zerrouki adopte l’auto-dérision pour mieux mettre en relief les maux des sociétés maghrébines.

Tout y passe: le travail, l’amour, le mariage, le code de la route...Tournées en dérision de manière ludique, les tares de ces sociétés sont plus flagrantes. 

Armé de formules caustiques et railleuses, le bédéiste peint une réalité beaucoup moins plaisante. 

 

100 Bled - Comment se debarrasser de nous pour un monde meilleur
100 Bled - Comment se debarrasser de nous pour un monde meilleur

 

Salim Zerrouki brasse large en s’adressant au public de tous les pays du Maghreb. Un parti pris qui s’explique par le fait que non seulement ces pays ont beaucoup de points communs mais plus encore pour lui: “Ils forment un seul pays pour moi”, affirme-t-il au HuffPost Tunisie. 

Les interdits forment par exemple un socle commun entre les sociétés maghrébines. “lls tournent entre autre autour du sexe, de la mixité, de la femme”, explique-t-il. 

Salim cite à titre d’exemple la sacralité de la virginité de la femme lors du mariage, en relavant les contractions qui y sont liées: “L’homme veut une femme vierge mais qui soit aussi à l’aise avec certaines pratiques sexuelles”, relève-t-il. 

Autre tabou, la religion. À ce sujet, le bédéiste opte pour la prudence: “Dès qu’on touche à la religion, on est vite catalogué dans un camp contre un autre, on n’est plus audible auprès de certains, c’est pourquoi je préfère ne pas m’étaler sur le sujet mais l’aborder implicitement. Les phénomènes sociétaux traités résultent en partie des croyances religieuses”, a-t-il expliqué. 

La politique non plus ne figure pas parmi les thèmes de prédilection de l’artiste. “Si les traits sociaux sont presque identiques à travers le Maghreb, la politique, elle, diffère d’un pays à un autre”, précise-t-il.  

100 Bled - Comment se debarrasser de nous pour un monde meilleur
100 Bled - Comment se debarrasser de nous pour un monde meilleur

 

Admirateur du caricaturiste algérien Dilem et du comédien Fellag, l’artiste algérien évoque l’ancrage de l’humour noir dans son pays natal par rapport au Maroc et à la Tunisie. Il l’explique par la guerre civile qui a ensanglanté l’Algérie: “Plus la réalité est pesante, meurtrière, plus le besoin de l’humour est primordiale, vital. On en avait beaucoup besoin en Algérie”. 

Marqué par cette période sombre de l’Algérie, Salim Zerrouki s’est mobilisé à travers ces BD pour faire face à l’islamisme rampant en Tunisie. Il était ainsi derrière le personnage de Yahia Boulahia. Le personnage barbu lançait des fatwas aussi improbables que burlesques. Avec un sarcasme tordant, le bédéiste pointait du doigt l’extrémisme religieux. (ci-dessous)

 

Facebook/ Yahia Boulahia

 

En 2016, Salim lance aussi “Ta7richa”, un blog à succès qui relate la vie quotidienne, à priori simple mais en réalité chargée de symboles. 

100 Bled - Comment se debarrasser de nous pour un monde meilleur
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