MAROC
13/04/2018 18h:34 CET

"Séquestration, contraintes sexuelles et cruauté", une cinquième plainte contre Tariq Ramadan

Les faits se seraient déroulés à Genève, en 2008.

SIA KAMBOU via Getty Images

JUSTICE - Une cinquième plaignante s’ajoute à la liste des présumées victimes de Tariq Ramadan. La Tribune de Genève révèle qu’une femme suisse a déposé une plainte auprès du ministère public de Genève, ce vendredi 13 avril, accusant l’islamologue de “séquestration, contrainte sexuelle et viol avec la circonstance aggravante de la cruauté”. 

“Brigitte”, ainsi renommée par le journal suisse qui s’est procuré un témoignage de 13 pages, accuse Tariq Ramadan de l’avoir violée et séquestrée en 2008, dans un hôtel de Genève. La femme, musulmane convertie alors âgée d’une quarantaine d’années, traversait une période de “difficultés familiales”.

Séduite par le “côté antisystème, tiers-mondiste et humaniste” du penseur, elle trouva refuge dans ses discours et sa vision de l’islam “non clanique et non patriarcal”. Elle raconte l’avoir rencontré une première fois lors d’une séance de dédicace puis à une conférence à Genève, où l’homme lui donne ses coordonnés. De là, débute une série d’échanges sur Facebook et MSN, d’après le témoignage dévoilé, en partie, dans L’OBS. 

“Il m’a alors redemandé si j’étais des RG”

Le 28 octobre 2008, “Brigitte” doit retrouver Tariq Ramadan autour d’un café à l’hôtel Rive droite à Genève. Ce dernier l’attend dans sa chambre et l’invite à le rejoindre, proposition qu’elle refuse avant de céder. “Il m’a indiqué avoir de sérieuses raisons de penser que j’étais des RG”, confie la victime dans son témoignage.

Une fois la porte de la chambre franchie, les événements auraient pris une toute autre tournure, loin du “rendez-vous cordial” initialement proposé par l’intellectuel suisse. “Ramadan s’est baissé pour brancher ou débrancher un appareil. Je me trouvais alors derrière lui […]. Au moment où il s’est redressé, son visage s’était transformé. Il m’a alors basculée sur le lit […] et est tombé sur moi. Je lui ai immédiatement demandé d’arrêter”, cite la Tribune de Genève, reprenant les propos de la plaignante. 

Cris, peur, la Suissesse déclare avoir été “paralysée et terrifiée”, craignant même de mourir. Elle ajoute que Tariq Ramadan l’aurait forcée à des actes sexuels “durant des heures”. D’après ses dires, il aurait déclaré “qu’il y avait deux catégories de femmes qui refusaient d’embrasser: les prostituées et les espionnes. Il m’a alors redemandé si j’étais des RG”. 

“Brigitte” aurait tenté de fuir à plusieurs reprises et même feint d’être morte pour mettre fin à son viol. A 6h30, elle quitte l’hôtel et s’enfuit. Par la suite, elle aurait cherché des explications et des excuses auprès de son agresseur. En vain. 

Dix années plus tard, elle décide de porter plainte et se joint aux autres plaignantes pour dénoncer les abus dont elle aurait été victime.

La figure médiatique de l’islam européen a été mis en examen le 2 février 2018 pour viols, dont l’un sur personne vulnérable, après les plaintes de deux femmes fin octobre, dont Christelle, qui ont débouché sur une information judiciaire.

L’intellectuel musulman, qui conteste ces accusations, avait été écroué en banlieue parisienne, la justice craignant une possible fuite, des pressions sur les plaignantes ou une réitération des faits. Début mars, une troisième femme a porté plainte, affirmant avoir subi de multiples viols entre 2013 et 2014 en France, à Bruxelles et à Londres.