MAROC
20/02/2019 18h:26 CET | Actualisé 20/02/2019 20h:17 CET

Sept décès au centre social "Dar Al Khir" de Tit Mellil depuis le début de l'année

“Avec près de 82 décès comptabilisés en 2018, et 7 nouveaux décès en 2019, on ne peut plus fermer les yeux sur ce qui ce passe à Tit Mellil”.

Capture d'écran

SOCIÉTÉ - Le centre social “Dar Al Khir” de Tit Mellil de nouveau pointé du doigt par les militants des droits de l’homme pour négligence. Sept pensionnaires du centre social “Dar Al Khir” auraient trouvé la mort depuis le début de l’année dont une jeune femme de 22 ans, décédée ce dimanche 17 février après avoir été victimes de coups et blessures affligées au sein même du centre, précise Hasna Hajib, membre de l’Instance nationale des droits de l’homme (INDH).

Lundi 18 février, l’INDH publiait un communiqué sur les réseaux sociaux, dénonçant la situation dramatique des pensionnaires du centre. Le rapport faisait état de 6 décès depuis le début du mois de janvier 2019. Depuis, un nouveau décès vient alourdir ce triste bilan.

“Avec près de 82 décès comptabilisés en 2018, et 7 nouveaux décès durant les 2 premiers mois de 2019, on ne peut plus fermer les yeux sur ce qui ce passe à Tit Mellil”, dénonce Hasna Hajib.

“Nous suivons la situation du centre de Tit Mellil depuis juillet dernier. Je peux dire que ce centre social tient plus d’une morgue. Si on soustrait les personnes mortes de vieillesse, la majorité des décès sont dus à la négligence médicale, à la malnutrition et aux conditions de vie”, poursuit l’activiste. 

Concernant la jeune femme qui a perdu la vie après avoir été victime de blessures qui lui auraient été affligées au sein même de “Dar El Khir”, l’INDH affirme ne pas avoir plus d’informations. Il s’agirait, selon des sources, d’une autre pensionnaire atteinte de troubles psychiatrique qui s’en serait prise gravement à la jeune femme. “En l’absence d’autopsie, il est difficile de dire que la jeune femme a perdu la vie suite aux coups qu’elle a reçu. Nous soulignons simplement que la jeune femme décédé, avait été victime de coup quelques jours avant sa mort”, Eclairage la militante.

Le centre, composé de plusieurs pavillons, certains réservés aux personnes âgés, d’autres aux mineurs, aux jeunes filles ou encore aux personnes souffrant de troubles psychiatriques ou dépendantes à la drogue, serait en réalité un complexe qui rassemble plusieurs catégories sociales aux besoins très différents, nous explique Hasna Hajib. 

Elle évoque également la situation de l’un des pensionnaires de l’établissement souffrant de tuberculose, qui ne reçoit aucun traitement pour sa maladie. Pire encore, elle affirme que la direction de l’établissement n’a pris aucune mesure d’isolement pour limiter la contamination des autres pensionnaires.

“Les pensionnaires meurent de faim, la plupart ne reçoivent pas leurs traitements... Pourtant l’établissement reçoit des subventions de plus de 550 millions de dirhams, sans parler des dons. Comment cela est-ce possible?” s’indigne la militante.

Au cours de l’année précédente, plusieurs vidéos ont été filmées dans le centre de Tit Mellil, pour dénoncer les conditions de survie des pensionnaires.