MAROC
24/06/2019 18h:14 CET

Selon un rapport, plus de 98% des plages marocaines sont conformes aux normes de qualité microbiologique

Le rapport pointe cependant l'urgence de préserver les littoraux et fonds marins de la surexploitation économique.

FADEL SENNA via Getty Images

ENVIRONNEMENT - A l’approche de la saison estivale, le secrétariat d’Etat chargé du Développement durable se veut rassurant dans un récent rapport, présenté ce lundi à Rabat, où il est indiqué que 98,43% des plages des littoraux marocains ont des eaux de baignade conformes aux normes de qualité microbiologique. 

Abritant plus de la moitié de la population du pays, le littoral marocain présente de nombreuses potentialités mais fait également face à des pressions qui menacent sa préservation. Toutefois, sur les 451 stations de prélèvements étudiées, 445 ont fait l’objet d’un nombre suffisant de prélèvements pour le classement, dont 438 (soit 98,43%) ont été déclarées de qualité microbiologique conforme aux exigences des normes, précise le rapport national de 2019 sur la surveillance de la qualité des eaux de baignade des plages du royaume. Seulement 7 stations (soit 1,57%) ont été déclarées non conformes pour la baignade.

Le rapport dresse la qualité de la plupart des stations qui se répartissent sur 169 plages, à l’exception de certains sites. Au total, 123 profils des eaux de baignade ont été réalisés depuis 2013, dont 7 profils ont fait l’objet d’une actualisation en 2018 selon les exigences de la Norme NM 03.7.199.

Parmi les nouveaux profils étudiés, les plages de Miami Nador, Calabonita, Cabo Negro 1, Cabo Negro 2, Sidi Kaouki, Moulay Abdellah (ex Mirleft),
Lagzira, Aghroud I, Aghroud II, El Ouatia (Tan Tan Plage). Les profils des plages de Martil, Ksar El Majaz (ex Ksar Sghir), Asilah Principale, Skhirat, Bouznika, Lalla Meryem, et Agadir ont été actualisés cette année, souligne le rapport.

Capture d'écran / Rapport National sur la surveillance des palges

Si la qualité des eaux de baignades est bonne, il est toutefois recommandé aux communes de renforcer les plages en infrastructures sanitaires (blocs sanitaires, douches, poubelles), tout en tenant compte de l’étendue de la zone de baignade et du taux de fréquentation des estivants. Mais aussi de mettre en place des outils de prévention et de lutte contre les sources de pollution, ainsi que des mesures de gestion et de renforcer davantage les actions de sensibilisation pour inciter les usagers des plages à adopter des éco-gestes et à agir au quotidien pour la propreté des zones de baignade, souligne le rapport.

S’exprimant à cette occasion, la secrétaire d’État chargée du Développement durable, Nezha El Ouafi, a indiqué que ce rapport est “le fruit des efforts déployés par son département pour couvrir toute la côte marocaine, à travers la surveillance environnementale des eaux côtières, dans le cadre du Programme national de surveillance de la qualité des eaux de baignade”.

Préserver le sable des plages du pays

Conformément aux dispositions de l’article 35 de la loi sur le littoral, qui prévoit un contrôle régulier par l’administration chargée de l’environnement, ainsi que la classification des plages en fonction de la qualité des eaux de baignade, le Secrétariat d’État chargé du Développement durable s’est engagé à poursuivre l’exécution de ce programme, a-t-elle précisé. Durant la période 2002-2016, il a été mené conjointement avec les départements chargés de l’environnement et de l’équipement.

Cette année, le Secrétariat d’État chargé du Développement durable a intégré, dans ce programme, la surveillance de la qualité du sable de certaines plages et, en particulier, la caractérisation des polluants et des déchets marins, qui constituent désormais une menace majeure pour le milieu marin et les côtes en général. Ce, en raison de la pression exercée sur le sable côtier par les activités humaines et économiques, a indiqué Mme El Ouafi.

En 2018, le programme s’est notamment consacré à la surveillance du sable de 45 plages, réparties sur les 9 régions côtières, dont 20 sur la façade méditerranéenne et 25 sur la façade atlantique, et a concerné la typologie des déchets marins et l’évaluation de la pollution chimique et mycologique.

Mobilisation contre les déchets marins

“Les déchets marins, en particulier le plastique, constituent l’un des enjeux à surmonter, sachant qu’environ 70 à 80% des déchets qui se trouvent dans le milieu marin sont d’origine tellurique et le reste provient des activités marines”, a noté la secrétaire d’Etat.

Pour lutter contre les déchets marins, qui menacent la vulnérabilité des plages, deux conventions de partenariat ont été conclues avec deux associations afin de réaliser deux projets pilotes: le premier concerne la sensibilisation des acteurs locaux et du grand public sur la problématique des déchets marins et la caractérisation et l’identification des déchets marins au niveau de 4 plages situées sur les côtes méditerranéennes et le second porte sur la pêche aux déchets au fond marin.

Pour le ministère en charge du dossier, il est important de rappeler qu’il ne s’agira pas d’entraver les activités économiques, à travers des mesures
contraignantes, mais d’une optimisation de l’utilisation des espaces littoraux en atténuant les impacts négatifs potentiels et cumulatifs, tout en tenant compte de la capacité de charge de ces espaces.

Ce, en évitant les modifications irréversibles physiques, physico-chimiques et biologiques de la mer et des côtes. “Aussi, une attention particulière est portée sur la réduction de toutes les formes de pollution, l’amélioration de la qualité des eaux marines, la protection des espèces et des habitats et à la préservation des ressources halieutiques” conclut le rapport.