TUNISIE
01/11/2018 13h:14 CET

Selon Rached Ghannouchi, ses propos sur l'assassinat de Jamal Khashoggi ont été détournés

Il avait comparé Jamal Khashoggi à Mohamed Bouazizi, obligeant le ministère des Affaires étrangères à réitérer la position officielle de la Tunisie.

Zoubeir Souissi / Reuters

Le président du parti Ennahdha Rached Ghannouchi a affirmé, jeudi, dans une interview accordée à l’agence de presse turque Anadolu Agency que ses propos concernant l’Arabie Saoudite, après l’assassinat du journaliste Jamal Khasoggi ont été détournés.

Affirmant que Khashoggi est “une victime de la violence politique contre les journalistes”, le président d’Ennahdha a déclaré que “les relations avec l’Arabie saoudite sont bonnes et fraternelles” déplorant que que certaines parties aient voulu déformer son discours, donné dans le cadre du symposium annuel de son parti, et ce afin de créer des tensions entre lui et Béji Caid Essebsi mais également le placer en position délicate vis-à-vis de l’Arabie Saoudite. 

Revenant sur la comparaison qu’il avait faite, lors du symposium d’Ennahdha, où il avait comparé le journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Mohamed Bouazizi, marchand ambulant tunisien qui s’était immolé par le feu pendant la révolution tunisienne, Rached Ghannouchi explique que cela n’avait aucunement pour objectif “d’interférer dans les affaires d’un État ou de faire référence à un quelconque régime politique”.

Face à cette sortie médiatique du président d’Ennahdha, le ministère tunisien des Affaires étrangères a été obligé de publier un communiqué au sein duquel il a rappelé la position officielle de la Tunisie. Le président de la République Béji Caid Essebsi a par ailleurs réaffirmé lors d’une interview à la chaîne allemande DW Arabic, que la politique étrangère du pays était de ses prérogatives et que le président d’Ennahdha avait exprimé “un avis”.

Revenant sur ce symposium, le président du parti Ennahdha a affirmé que celui-ci a été une réussite permettant à son parti de présenter une feuille de route pour les 10 prochaines années: “Le symposium a également confirmé l’intégrité de la ligne politique dans laquelle nous nous sommes inscrits, qui préserve la transition démocratique et qui prouve qu’il n’y a pas de contradiction entre Islam et démocratie”.

Interrogé sur son appel à une amnistie générale concernant ceux qui ont commis des dépassements sous l’ancien régime, Rached Ghannouchi a affirmé à Anadoly Agency que cela n’était ni une preuve qu’Ennahdha commençait à désespérer de la justice transitionnelle, ni une tentative du parti de rallier les figures de l’ancien régime.

“Nous tenons au processus de la justice transitionnelle jusqu’à ce que la vérité soit révélée, que les auteurs présumés s’excusent et que les victimes soient indemnisées par l’État. C’est ce qui réconciliera les Tunisiens et empêchera le retour de la tyrannie et de la corruption” a-t-il affirmé ajoutant que sa proposition visait à donner “un second souffle au processus de justice transitionnelle”.

Selon lui, les relations entre Ennahdha et les Destouriens a évolué au fil du temps et a imposé la recherche du consensus car “les Destouriens et les islamistes représentent la plus grande partie de la scène politique tunisienne”.

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