ALGÉRIE
01/04/2018 13h:58 CET

Selon le Pr Farid Chaoui: "Le système de santé algérien est ingouvernable"

Comment est-on arrivé à cette situation?

Ramzi Boudina / Reuters

La grève des résidents entame son cinquième mois. L’impasse est totale. Depuis le début des négociations avec la tutelle on assiste à un dialogue de sourds. La tutelle semble complètement imperméable aux doléances des résidents grévistes. Pendant ce temps, des enfants algériens sont morts de rougeole et de rubéole. 

56 ans après l’indépendance, des enfants algériens meurent de maladies qu’on pensait éradiqué à jamais du pays. La faute à qui? on ne vaccinait plus les enfants. On se souvient de la levée de bouclier l’année dernière contre la campagne de vaccination dans les écoles. Personne ne semblait alors mesurer la gravité de la chose. Aujourd’hui, on le sait au détriment de petits qui n’avaient pas leur mot à dire dans cette affaire.

ET ce n’est pas tout. Les hôpitaux sont dans un état piteux. La radio algérienne affirmait il y a trois jours que le scanner du centre de cancérologie du plus grand hôpital du pays était en panne depuis trois ans et que les patients démunis en payaient le prix fort.  

A cet état des lieux le professeur Chaoui invité de la rencontre de l’arbre à dires a apporté des arguments et pas des moindres.  

Le professeur Chaoui a souligné qu’en raison de réformes qui n’ont pas été faites à temps, le “système de santé algérien est devenu ingouvernable”.

Pour lui, le plus grave dans l’affaire de la rougeole est la “perte de confiance des Algériens dans le système de santé”. Le niveau de vaccination est tombé très bas en raison d’une défiance accrue à l’égard d’un système de santé devenu inefficient.

Dans les années 70, les Algériens se battaient pour vacciner leurs enfants, aujourd’hui, ils évitent de le faire par manque de confiance, a-t-il assuré.

Le système de santé semble être un navire à la dérive dont le commandant de bord ne tient aucun gouvernail. 

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