TUNISIE
13/11/2018 16h:19 CET

Selon le FMI, "la Tunisie devrait mener une politique budgétaire très conservatrice"

Le FMI appelle le gouvernement tunisien à maîtriser sa masse salariale.

Yuri Gripas / Reuters

“La Tunisie doit maîtriser sa masse salariale dans le secteur public afin d’éviter de graves problèmes d’endettement” prévient Jihed Azour, un haut responsable du Fonds monétaire international à l’Agence Reuters.

Après la signature de l’accord sur les augmentations salariales touchant plus de 150 mille employés du secteur public, l’organisation internationale met en garde contre les répercussions d’une telle décision sur l’économie tunisienne.  

Selon Azour, le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds, le gouvernement tunisien doit garder le contrôle des dépenses actuelles et de la masse salariale. “Cela leur permettra d’atteindre les objectifs budgétaires qu’ils se sont fixés pour 2019, tout en réduisant les pressions supplémentaires que l’augmentation des dépenses exercera sur les contribuables” confie-t-il à Reuters.

D’autant plus qu’une étude récente du FMI avait montré que la masse salariale dans le secteur public tunisien était déjà parmi les plus élevées au monde, par rapport à la taille de l’économie du pays. 

Pour le responsable du FMI, “la Tunisie devrait mener une politique budgétaire très conservatrice qui lui permettrait de réduire progressivement son déficit budgétaire à des niveaux acceptables pour l’économie”.

  

D’après le FMI, le gouvernement avait courbé l’échine dans ce dossier et a accepté d’augmenter les salaires de ses employés sous la pression de l’organisation syndicale.

“En fait, à la fin du mois dernier, le syndicat tunisien UGTT a annulé la grève des travailleurs du secteur public à l’échelle nationale après que le gouvernement ait accepté d’augmenter les salaires et de ne pas vendre les entreprises publiques.  Le gouvernement subit toujours des pressions pour augmenter les salaires d’environ 650 000 employés de l’État, car les syndicats ont menacé de déclencher une grève nationale ce mois-ci si leurs revendications ne sont pas satisfaites”, regrette le responsable.

 

Selon Azour, le gouvernement tunisien est entre l’enclume et le marteau.  “Il était important que la Tunisie lutte contre l’inflation et maintienne un niveau adéquat de réserves de change, mais il a également reconnu que le gouvernement était confronté à une tâche complexe pour trouver un équilibre entre de nombreuses demandes, notamment investir pour résoudre les problèmes sociaux et améliorer l’environnement des entreprises” estime-t-il.

Pour rappel, le 28 septembre 2018, le Conseil d’administration du FMI a achevé le quatrième examen du programme économique de la Tunisie, appuyé par un accord au titre du mécanisme de financement élargi (FEP).

Le Conseil a décidé de débloquer une nouvelle tranche de prêt d’une valeur de 247 millions de dollars (environ 695 millions de dinars), portant le total des décaissements à environ 1,4 milliard de dollars (près de 3,94 milliards de dinars) sur les 2,9 milliards de dollars prévus dans le cadre du FEP.

 

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