TUNISIE
09/07/2018 12h:04 CET | Actualisé 09/07/2018 12h:08 CET

Selon la présidente du CIESSM Badra Gaaloul, l'attaque terroriste de Ghardimaou était prévisible

Badra Gaaloul affirme avoir avisé les autorités de l'imminence d'une attaque terroriste du côté de Jendouba

La présidente du centre international des études stratégiques, sécuritaires et militaires Badra Gaaloul a affirmé, sur les ondes de Cap FM, que l’attaque terroriste contre des agents de la Garde Nationale, dimanche à Ghardimaou, était évitable.

Interrogée sur la lettre qu’elle a envoyé aux autorités sur une éventuelle imminence d’une attaque terroriste, Badra Gaaloul affirme avoir reçu l’information d’une “source au sein du centre international des études stratégiques, sécuritaires et militaires, qui m’a donné des détails sur ce qui allait se passer via une communication enregistrée. Celle-ci disait que cela allait se passer à Jendouba”.

“Mais quand j’ai vu ce qui s’est passé hier, je ne m’y attendais pas. Je m’attendais à ce que la cellule terroriste soit démantelée ou qu’une opération terroriste a été neutralisée mais (...) quand j’ai vu ça, j’ai ressenti le désespoir” a-t-elle indiqué.

Prévoyant que d’autres attaques pourraient avoir lieu, la présidente du centre international des études stratégiques, sécuritaires et militaires affirme que “malgré tous les succès précédents, nous restons conscients que les menaces terroristes sont grandes”.

“Potentiellement, il y a des attaques qui sont prévues au Sahel selon la même source, qui en a référé aux autorités” a-t-elle indiqué avant d’ajouter: “Il faut que le peuple tunisien se réveille et se rende compte qu’un plan machiavélique se dessine pour la Tunisie mais aussi pour toute la région”.

Une situation propice au terrorisme

Revenant sur le groupe terroriste à l’origine de l’attentat contre les agents de la Garde Nationale, elle affirme que “ce sont des groupes qui profitent de chaque occasion qui leur ai offerte”.

“L’occasion était propice au vu de la situation que vit la Tunisie, et ce à tous les niveaux: au niveau politique, au niveau de l’intervention du politique dans les affaires sécuritaires et au niveau du vide que traverse l’appareil sécuritaire” a-t-elle expliqué.

Selon elle, tout porte à croire qu’une telle action terroriste était prévisible: “Ce groupe est connu. Ses moyens de fonctionner ont même été étudiés. Il y avait des indices sur le fait qu’il allait frapper”.

“Cela fait près d’un mois qu’il n’y a pas de ministre de l’Intérieur, du moins, c’est le ministre de la Justice qui assure la fonction par intérim”. Parmi les premiers dossiers qu’il a eu traiter selon Badra Gaaloul, c’est celui des nominations: “Il a trouvé une liste prête, comme si cela était prémédité” a-t-elle affirmé indiquant que cela a touché “en profondeur” les sécuritaires “qui ont connu un grand succès dans la mise en échec de nombreuses attaques terroristes, le démantèlement de nombreuses cellules, la découverte de nombreux dépôts d’armes...”.

Appelant les Tunisiens à se mobilier pour leur pays, elle affirme que “la Tunisie est devenue un théâtre d’influences au niveau régional” et ce au niveau économique, social, politique et sécuritaire: “Une mafia est en train de contrôler toutes les articulations de l’État” a-t-elle déploré.

“Il y a une volonté politique de décevoir les Tunisiens. Aujourd’hui, le Tunisien est abattu” a-t-elle conclu.

 

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