MAROC
08/11/2018 12h:52 CET

Selon Edward Snowden, des logiciels espions israéliens ont été utilisés pour suivre Khashoggi

Une société qualifiée par Amnesty International d'“entreprise incontournable pour les violeurs des droits de l’Homme".

Simon Dawson / Reuters

ESPIONNAGE - Quand une société israélienne se retrouve mêlée à l’affaire Khashoggi. Mardi 6 novembre, le lanceur d’alerte Edward Snowden était invité à parler à l’occasion d’un événement parrainé par la société israélienne de consultants en médias OH Orenstein Hoshen.

A cette occasion, ce dernier a évoqué longuement le cas d’une société de spyware israélienne, NSO Group, dont l’un des systèmes, le virus Pegasus, aurait été utilisé pour suivre le journaliste Jamal Khashoggi assassiné début octobre à Istanbul, rapporte le quotidien israélien Haaretz.

En effet, selon l’ancien employé de la NSA, qui cite les travaux d’un groupe de recherche canadien, Citizen Lab, le journaliste aurait été suivi avant son assassinat.

“Comment cette opération a été fomentée, comment savaient-ils qu’il serait à cet endroit? Certes ils savaient qu’il devait se rendre au consulat car il avait un rendez-vous (...) mais comment ont-ils pris connaissance de ses plans et ses intentions? Comment ont-ils décidé qu’il valait le risque?”, s’interroge Edward Snowden. “La réalité est qu’ils ont mis sur écoute un de ses amis et contact en utilisant un software développé par une compagnie israélienne”, conclut ce dernier, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous (à partir de la 16e minute):

Comme le rapporte HaaretzOmar Abdulaziz, dissident saoudien et ami de Khashoggi, a en effet affirmé avoir été espionné par un logiciel.

“Entreprise incontournable pour les violeurs des droits de l’Homme”

Des allégations que nie formellement la société NSO Group, rapporte la presse israélienne. “Nous sommes la seule compagnie dans son genre à avoir un comité d’éthique indépendant qui inclut des experts ayant un passé dans le droit et les relations internationales, dans le but d’éviter que le produit soit utilisé à mauvais escient (...). La compagnie ne vend pas (le logiciel, ndlr) et ne le rend pas disponible à de nombreux pays”, affirme NSO Group.

Ce n’est pas la première fois que cette compagnie est pointée du doigt par les défenseurs de la vie privée ou des droits de l’Homme. En août dernier, Amnesty International qualifiait la société israélienne d’“entreprise incontournable pour les violeurs des droits de l’Homme”.

À l’époque déjà, l’ONG de défense des droits humains mettait en avant les relations entre NSO Group et l’Arabie Saoudite, qu’elle suspectait de chercher à espionner des employés d’Amnesty.

L’an dernier, cette même compagnie israélienne se trouvait au centre d’un “complot de logiciel espion” visant des journalistes et opposants politiques au Mexique, rapporte l’ONG. Une affaire également mise en lumière par le laboratoire de recherche canadien Citizen Lab.