TUNISIE
30/10/2018 12h:46 CET | Actualisé 01/11/2018 14h:38 CET

Selon la députée Fatma Mseddi, l'attentat de l'avenue Bourguiba est un message de l'appareil secret d'Ennahdha

Selon la députée Fatma Mseddi, la femme qui a commis l’attentat de l'avenue Habib Bourguiba était proche d'Ennahdha.

Un véritable pavé dans la mare que vient de lancer ce mardi la députée de Nidaa Tounes, Fatma Mseddi, sur les ondes de Jawhara Fm. Elle estime que l’attentat-suicide perpétré lundi à l’avenue Habib Bourguiba serait un message envoyé par l’organisation secrète du mouvement Ennahdha, et ce après les révélations explosives du comité de défense des martyrs Belaid et Brahmi.

Selon la députée, cet attentat est une sorte de réponse aux membres du comité de défense des deux martyrs qui ont pointé du doigt Ennahdha et l’ont accusé d’être impliqué dans les assassinats des deux figures de la Gauche tunisienne.

Fatma Mseddi révèle, par ailleurs, en se référent à des sources sécuritaires que l’auteur de l’attentat était membre au sein d’Ennahdha. Elle a assuré que cette dernière faisait également partie de l’Union générale des étudiants tunisiens relevant du mouvement. “Elle était active dans ce syndicat quand elle était étudiante” précise-t-elle.

Étant membre de la commission parlementaire chargée d’enquêter sur les réseaux d’enrôlement des jeunes dans les zones de conflit, Fatma Mseddi n’a pas écarté la corrélation entre la crise politique et les attentats terroristes. À ses yeux, à chaque fois, que le pays sombre dans une crise politique, une menace terroriste surgit.

D’après la députée, 80% des enquêtes et investigations menées sur le départ des jihadistes tunisiens vers les zones de conflits impliquent le mouvement Ennahdha. Elle a en fait évoqué plusieurs noms de dirigeants d’Ennahdha qui seraient en relation avec ces réseaux comme l’ancien chef du gouvernement Ali Larayedh, Habib Ellouze, Rafik Abdessalem et Abdelkarim Abidi. 

Elle a, d’autre part, fait savoir que sa commission parlementaire déposera d’ici la fin de l’année son rapport final relatif aux auditions et informations collectées. 

Quant à la récente affaire de la députée Yamina Zoghlami qui a tenté d’intervenir pour faire sortir du territoire tunisien un jeune homme fiché S17, Fatma Mseddi a révélé que le nom de la personne en question venait d’être évoqué dans le cadre de l’organisation secrète d’Ennahdha. Elle a, ainsi, accusé à demi-mot Yamina Zoghlami de vouloir faire fuir une personne soupçonnée d’être impliquée dans l’affaire d’assassinat de Brahmi et Belaïd. 

Selon Fatma Mssedi,c’est carrément le blocage au sein de sa commission: “Ce n’est pas normal que ‘l’accusé’ fasse partie de la commission” martèle-elle en faisant implicitement référence au mouvement Ennahdha.  

Lundi, une jeune femme de 30 ans, présentée par différents médias comme Mina G., originaire du gouvernorat de Mahdia, s’est faite exploser à l’avenue Habib Bourguiba, faisant 20 blessées dont 15 policiers et 5 civils.

Selon le ministre de l’Intérieur, Hichem Fourati, il s’agirait “pour le moment d’une opération primitive et isolée” opérée par des “moyens artisanaux”, niant pour le moment les différentes rumeurs et versions observées sur les réseaux sociaux.

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