TUNISIE
18/04/2018 17h:37 CET | Actualisé 18/04/2018 18h:30 CET

Selon cet imam, lorsqu'un un gynécologue homme touche sa patiente, il l'excite. Les réactions fusent

Un gynécologue homme qui touche sa patiente l'excite, selon cet imam. Le président de la Société Tunisienne de Gynécologie Obstétrique réagit.

Sur la chaine de télévision tunisienne “M Tunisia”, une émission traitant de plusieurs sujets, de l’obésité à la question palestinienne mais sous un angle religieux a fait parler d’elle.

Une vidéo de ladite émission où était invité l’imam Saïd Jaziri- ancien prédicateur au Québec qui a été expulsé vers la Tunisie en 2007, fondateur de la radio pirate Quran Karim, non autorisée par la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica), et président du parti Errahmah- a fait le tour des réseaux sociaux récemment. La cause? les propos tenus par Jaziri qui incite les femmes à ne jamais accoucher chez un gynécologue homme.

“Le gynécologue va toucher la femme et sais-tu ce qu’entraîne le toucher?”, dit-il en s’adressant à l’animateur. Et de poursuivre: “La femme va sentir des choses puisqu’on touche ses parties intimes (...)”, explique-t-il doctement. 

Quand l’animateur rebondit pour lui signaler que les femmes n’ont pas le choix dans les hôpitaux, il rétorque: “Bien sûr qu’elles ont le choix, elles savent qui va les faire accoucher (...) Madame préserve-toi et choisis une gynécologue”, lance-t-il. 

Ces propos ont donné lieu à des commentaires vacillant entre sarcasme et indignation. (ci-dessous) 

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Cette fatwa n’a pas fait rire certains professionnels qui ont exprimé leur indignation, à l’instar du gynécologue Sami Ben Sassi: “Scandaleux. Sur une chaine télé tunisienne un pseudo conseiller religieux se permet de dire qu’il y a des sensations sexuelles quand une femme se fait accoucher ou examiner par un gynécologue homme”, a-t-il écrit sur sa page Facebook. 

Facebook/Sami Ben Sassi

Contacté par le HuffPost Tunisie, le président de la Société Tunisienne de Gynécologie Obstétrique (STGO), Béchir Zouaoui a exprimé également son indignation, en pointant du doigt “la perversité” de tels propos. 

“Examiner un vagin c’est comme examiner n’importe quel organe humain en médecine. Le médecin n’éprouve aucune attirance, ni plaisir à le faire”, a-t-il expliqué. 

Et de poursuivre: “Comme en France, la problématique des femmes musulmanes qui refusent de se faire osculter par un médecin homme est réel. Souvent c’est le mari qui l’impose à sa femme et celle-ci l’accepte par soumission car elle sait bien que c’est absurde et qu’il y a une relation de confiance entre elle et le médecin”, a-t-il ajouté. 

Selon le président de la Société Tunisienne de Gynécologie Obstétrique, ce phénomène s’est accentué en Tunisie après 2011 mais il n’inquiète pas vraiment les professionnels: “Ce qui inquiétant en revanche c’est le glissement dangereux de la société vers l’extrémisme”, a-t-il conclu. 

 

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