TUNISIE
24/12/2018 20h:25 CET

Selon cet article de Bloomberg, Marouane Abassi serait le meilleur espoir économique de la Tunisie

Entre ses mains, le pays pourra retrouver son souffle, estime l’agence de presse américaine Bloomberg.

Anadolu Agency via Getty Images

Entrainée depuis près de huit ans dans le tourbillon des intérêts politiques, la Tunisie peine à se remettre de ses difficultés. Des caisses vides, des chômeurs désespérés, une inflation qui bat son plein, des tumultes politiques sans précédant... la crise ne cesse de ronger le pays.

Mais derrière ce sombre tableau, l’agence de presse américaine Bloomberg perçoit tout de même une lueur d’espoir en Marouane Abassi, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie.  

Dans son article paru ce 24 décembre 2018, le spécialiste des “affaires étrangères en particulier celles du Moyen-Orient et du monde islamique”, Bobby Ghosh, estime que Abassi a fait ses preuves et pourrait bel et bien sauver la face. “Nommé en février, l’ancien responsable et professeur d’économie de la Banque mondiale a réussi à imposer une politique monétaire restrictive. Il coordonne également avec d’autres ministères pour répondre aux conditions du FMI et négocie des accords avec l’Algérie et la Libye qui permettraient à la Tunisie d’acheter du pétrole dans sa propre monnaie, ce qui atténuerait la pression exercée sur ses réserves en devises” note-t-il.

“Dans un gouvernement marqué par un manque d’économistes et où la culture économique fait défaut, [Abassi] sensibilise ses collègues à la gravité de la situation ... et les convainc d’agir avec énergie”, relate Bloomberg en se référant aux propos de Hachemi Alaya, économiste en chef à la banque tunisienne arabe (ATB).

Audacieux, Abassi a réussi à relever plusieurs défis et à s’affirmer comme un bon élève aux yeux du FMI, selon Ghosh. “Abassi a restreint ses dépenses en restreignant l’accès au crédit et en relevant le taux directeur de la banque, qui est passé de 5% à 5,75% en mars, puis à 6,75% en juin. Depuis lors, il a résisté aux appels du FMI pour de nouvelles hausses de taux , et a défié de sombres prévisions en maintenant le taux d’inflation à 7,5%. Il a également laissé le dinar s’affaiblir régulièrement, conformément à la recommandation du FMI . Selon les normes tunisiennes, ce sont des réalisations importantes” note-t-il.

Et d’ajouter: “Sa performance permet déjà de faire des comparaisons avec le Marocain Abdellatif Jouahri, l’un des meilleurs gouverneurs au monde”.

De plus, Abassi bénéficie d’important atouts. “Il jouit d’un haut degré d’indépendance, grâce à une loi de 2016 protégeant la banque centrale du gouvernement et lui donnant un contrôle total sur la politique monétaire” rappelle-t-il. 

Le n°1 de la BCT jouit également d’une excellente réputation et d’une très grande probité, tout en étant totalement distant des tiraillements politiques. Sa neutralité politique lui permet de prendre des risques que la plupart des politiciens n’oseraient pas entreprendre, souligne Ghosh.

Selon ce dernier, il serait déjà assez difficile de maintenir une politique monétaire restrictive en pleine campagne électorale. D’autres défis s’annoncent notamment en ce qui concerne le déficit budgétaire, les réserves en devises et le chômage.

“Alors, au milieu de cette année qui s’annonce tumultueuse pour Tunis, surveillez bien Marouane El Abassi”, conclut Bobby Ghosh.

 

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