ALGÉRIE
09/11/2015 09h:59 CET | Actualisé 09/11/2015 10h:08 CET

Sellal répond au "G 19": Bouteflika sait tout et supervise "quotidiennement" l'exécution de son programme

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Le premier ministre Abdelmalek Sellal, a répondu lundi, à partir de Blida où il effectue une visite de travail, aux 19 personnalités qui ont demandé audience au chef de l'Etat.

Sellal ne cite pas directement le groupe des 19, déjà estampillé "G 19" par des journalistes. Sa réponse contient cependant des allusions claires aux propos de Louisa Hanoune et de Khalida Toumi laissant entendre que le président ignorait ce qui se passait et ce qui se faisait au niveau du gouvernement.

La demande d'audience des "19" comprenant des personnalités pro-Bouteflika, notamment Khalida Toumi et Zohra Drif, ainsi que Louisa Hanoune en situation de "rupture" depuis quelques mois seulement, a suscité des réactions rageuses chez les partis du pouvoir, le FLN et le RND.

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En dépit des précautions de langage, la lettre des 19 laissait planer le doute sur les capacités du Chef de l'Etat à exercer toutes ses fonctions ou du moins de sa connaissance de tout ce qui se fait en son nom.

Khalida Toumi a affirmé par exemple que "connaissant le président, il n'aurait jamais accepté de renoncer au droit de préemption introduit en 2009". En clair, ce serait une mesure qui aurait été prise sans son aval.

Sellal apporte ainsi la première réponse officielle du gouvernement - Ahmed Ouyahia ayant précisé qu'il réagissait en sa qualité de responsable du RND - à la lettre des 19. Il s'inscrit en faux contre sur l'idée que les choses se font sans que le président le sache.

Le président Bouteflika, a-t-il affirmé supervise "quotidiennement" et "pas à pas" l'exécution de son programme, que le peuple a "pleinement cautionné". En clair, le président n'ignore rien de ce qui se fait et il applique son "programme

".

Une réponse à Louisa Hanoune qui depuis quelques mois affirme que président Bouteflika n’a pas tenu “ses engagements”. En guerre contre les "oligarques" représentés selon elle, par Ali Haddad et les patrons du FCE, Louisa Hanoune s'est mise à douter qu'il puisse être un "rempart” contre les “convoitises d’une clique qui se comporte en chef d’Etat parallèle…".

Une fin de non-recevoir

Le Premier Ministre n'évoque pas la "demande d'audience" qui ne lui a pas a été adressée mais sa réponse - faite sans aucun doute avec l'aval de la présidence - peut être lue comme une fin de non-recevoir.

"Telle est, en effet, notre feuille de route que nous respectons scrupuleusement et appliquons pas à pas sous la supervision directe et quotidienne de son Excellence le président de la République, seul et unique garant de la pérennité de l'Etat en vertu de la Constitution" a déclaré M. Sellal qui rencontrait des investisseurs de la wilaya de Blida.

Le programme du président Bouteflika, a-t-il ajouté, tend "en toute transparence, vers l'édification d'une économie émergente, l'augmentation de superficies irriguées d'un million d'hectares et la promotion des secteurs de l'industrie et du tourisme".

Le Premier ministre a balayé les accusations sur l'existence de décisions qui remettent en cause de la souveraineté nationale évoquées par des membres du "G19". "Nul sur la scène politique nationale n'est aussi soucieux que le chef de l'Etat de la souveraineté nationale. N'est-ce pas lui qui a appelé, à maintes reprises, au maintien d'une marge de manœuvre pour l'Etat au volet économique" a rétorqué Abdelmalek Sellal.

"D'aucuns se demandent curieusement pourquoi nous ne libéralisons pas l'économie alors que, dans le même temps, nous encourageons les investisseurs et autres promoteurs et pourquoi nous maintenons la politique de soutien aux prix alors que nous procédons à des révisions des tarifs de certains produits et services ? ", a fait remarquer M. Sellal.

Pour lui, les "esprits sceptiques qui remettent tout en cause" n'ont tout simplement pas "connaissance des éléments fondamentaux de chaque dossier".

Les paris sont ouverts: les chances que Bouteflika reçoive le G19 ou certains de ses représentants apparaissent encore plus faibles après la réponse du Sellal à un "G19" qu'il ne nomme pas.

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