MAROC
31/03/2016 08h:34 CET | Actualisé 31/03/2016 10h:51 CET

Sécurité routière: La Cour des comptes fustige les failles dans les auto-écoles

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Sécurité routière: La Cour des comptes fustige les failles dans les auto-écoles.

SÉCURITÉ – Si le nombre d’accidents mortels sur la route a accusé une baisse de 6.04% en 2014 selon le bilan du Comité permanent de sécurité routière, l’enseignement de la conduite au Maroc, confrontée à des défaillances sévères, n’en reste pas moins un facteur propice à l’insécurité routière.

Alors que le nouveau Code de la route, en vigueur depuis octobre 2010, prévoyait plusieurs dispositions pour la mise à niveau de l’enseignement de la conduite, leur mise en œuvre se fait toujours attendre. "Ainsi, le secteur souffre de plusieurs dysfonctionnements ce qui alourdit le rythme de sa réforme", déplore la Cour des comptes dans son rapport annuel au titre de l’année 2014, publié mardi 29 mars.

Premier dysfonctionnement, la mise à niveau de la profession de moniteur qui, "après une régularisation en masse (…) tarde à voir le jour même après l’institution de l’obligation de formation continue tous les 3 ans".

"Quant à la gestion des établissements d’enseignement de la conduite (EEC), la réglementation les régissant a toujours prévu des contrôles et même des sanctions à l’encontre des contrevenants. Toutefois, la mise en application de ce contrôle fait défaut", regrette encore la Cour des comptes. En juillet 2014, à l’issue de la signature d’un contrat-programme 2014-2016 entre le ministère du Transport, de l’équipement et de la logistique et les auto-écoles, plusieurs mesures avaient pourtant été adoptées pour assurer la transparence et la fiabilité des formations dispensées.

Parmi elles, "la mise en place d’un contrat type de formation entre l’établissement et le candidat pour garantir aux candidats le droit de bénéficier d’une formation conforme, et à l’auto-école de percevoir tous ses droits pour la prestation rendue", écrivaient nos confrères du Matin en juillet 2014. Une directive à laquelle s’ajoutait la formation d’agents habilités au contenu et à l’utilisation du guide de contrôle de ces centres.

Des ressources humaines qui manquent à l’appel

La gestion du permis de conduire figure aussi dans le collimateur du rapport de la Cour des comptes: "il est noté une rareté dans les ressources humaines assurant la fonction d’examinateur et l’absence d’un statut la régissant". En février 2015, le ministre délégué auprès du ministre du Transport, de l’équipement et de la logistique Najib Boulif avait annoncé lors d’une réunion de la commission des infrastructures de la Chambre des représentants l’externalisation de certains services des centres d’immatriculation dans le cadre de la gestion déléguée. Objectif? "Faire face au déficit de ressources humaines auxquels sont confrontés ces centres", avait déclaré le ministre délégué à l'Economiste.

C’est sans compter "la majorité" des centres d’immatriculation qui "ne dispose pas de circuits dédiés à l’examen de conduite pratique répondants aux critères définis par la réglementation". Pour pallier cette insuffisance, ce dernier avait fait savoir que le modèle du circuit de Rabat serait dupliqué à Meknès, Fès et Mohammedia. Une opération qui se chiffre à 18 millions de dirhams.

Les villes de Safi, Ouarzazate, Taroudant, Beni Mellal, Bouarfa, Khémisset, Inezgane et Oued-Zem devraient être prochainement dotées de leur propre centre d’immatriculation.

Malgré le déficit des ressources humaines en matière d’examen du permis de conduire, 900.590 permis de conduire ont été délivrés en 2014 selon le département du Transport, de l’équipement et de la logistique, contre 868.260 en 2013, enregistrant une hausse de 3.7%.

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