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07/05/2018 13h:37 CET | Actualisé 07/05/2018 13h:37 CET

Sécurité alimentaire: La résilience face aux conflits est la clé au Proche-Orient et en Afrique du Nord

TAHA JAWASHI via Getty Images
Un jeune berger libyen guide son troupeau de chèvres dans la zone désertique de l'ouest de la Libye, le 1er janvier 2016.

INTERNATIONAL - De nombreux pays du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) méritent d’être applaudis, pour maintenir la sécurité alimentaire au premier rang de leurs priorités. Grâce à cette persévérance, 14 pays arabes ont atteint le but fixé par l’Objectif 1 du Développement du Millénaire, qui consiste à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim au cours de la période 1990-2015.

Mais aujourd’hui, la région MENA est confrontée à des défis qui menacent sa capacité à atteindre l’objectif Faim “zéro” d’ici 2030, et d’autres objectifs de développement durable. Ces défis comprennent, principalement, les situations de conflit, mais aussi les impacts du changement climatique, la rareté et la mauvaise gérance des ressources naturelles, la migration de détresse et la pauvreté persistante.

Du 7 au 11 mai, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) organise à son siège, à Rome, la Conférence régionale pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord. Cet événement offre l’occasion aux 30 pays de la région de discuter de la voie à suivre, afin de parvenir à un développement durable.

Le défi est considérable. Certains pays, embourbés dans le conflit, risquent d’être dépassés. En fait, les coûts des conflits sont énormes. Rien qu’en 2016, le nombre des décès dans la région, dus aux conflits, a été estimé à 82 000. À la mi-2016, le nombre total de personnes déplacées dans le monde, enregistré par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCNUR), atteignait un record historique de 67,6 millions, dont près de 25 millions provenaient de cinq pays seulement de la région MENA (la Syrie, le Yémen, la Libye, l’Irak et le Soudan).

La violence, associée à une grande partie du conflit, a également érodé la capacité des gens à se nourrir. Depuis 2011-2013, le nombre de personnes souffrant de la faim au Proche-Orient et en Afrique du Nord a augmenté de 15%. En 2015-2017, 48 millions de personnes ont été confrontées à la faim dans la région, soit une augmentation de 5,8 millions de personnes depuis 2011-2013. Les trois quarts de ceux qui ont souffert de la faim venaient des cinq pays en conflit, susmentionnés.

La paix est un facteur fondamental pour mettre fin aux crises prolongées dans la région, mais la communauté internationale ne peut pas attendre la paix, pour passer à l’action. Même dans les situations de conflit, beaucoup peut être fait pour combattre la faim et donner l’espoir, aux personnes concernées, qu’un meilleur avenir est possible. Les programmes de protection sociale sont, par exemple, un outil inestimable à cet égard. Ceux-ci comprennent: les transferts monétaires, les rations de semences, le soutien à la production de légumes, ainsi que le traitement du bétail et la vaccination.

Dans les gouvernorats de Duhok et d’Erbil, en Irak, à titre d’exemple, la FAO aide les personnes déplacées et les familles d’accueil vulnérables, afin d’améliorer leurs moyens de subsistance, leur nutrition et leur sécurité alimentaire grâce à la production de légumes en serre, des volailles de basse-cour, de l’industrie artisanale et de la production de miel. Au Yémen, la FAO soutient l’apiculture et les chaînes de valeur laitières, pour améliorer les moyens d’existence et la sécurité alimentaire des communautés agricoles vulnérables, accueillant des réfugiés syriens.

Investir dans la production alimentaire locale est essentiel, afin de permettre aux personnes touchées de vivre seules, de reprendre leur travail normal, de faire ce qu’elles savent faire. Pour sauver leur vie, nous devons sauver leurs moyens de subsistance.