TUNISIE
21/09/2018 14h:00 CET

Seabex, cette startup tunisienne qui mise sur l'e-agriculture

Pourquoi pas une révolution verte en Tunisie?

GoodLifeStudio via Getty Images

Les nouveaux agriculteurs, soucieux d’améliorer leur quotidien, se penchent de plus en plus vers des solutions à la pointe des technologies numériques. Les idées de projets innovateurs se succèdent poussant, ainsi, à l’épanouissement de startups vers une révolution verte 2.0.

Dans la foulée, un projet tunisien s’est démarqué au Prix Orange de l’Entrepreneur Social: Seabex, de la société tunisienne I.T.Grapes. 

“C’est une plate-forme intelligente de contrôle et d’automatisation dédiée à l’agriculture de précision” confie Amira Cheniour, CEO de Seabex et lauréate 2018 du Prix qui récompense les meilleurs projets d’entreprises innovantes et responsables en Afrique et au Moyen-Orient, au Huffpost Tunisie

Réduction des consommations, augmentation des productions

Cette solution innovante permet la rationalisation et l’optimisation des ressources notamment de l’eau, de l’énergie et des fertilisants, ainsi que l’augmentation de la production et de la qualité.

Cette équation fragile est devenue possible grâce à l’expertise pointue et aux algorithmes de Seabex.

“L’expertise en Internet Of Things (IOT), nous l’avons acquise depuis près de quatre ans mais le fait de l’appliquer pour l’agriculture était une décision assez audacieuse” explique Amira. 

Pour se lancer dans cette aventure, la jeune ingénieur a pris conscience de la rareté de l’eau dans le pays, la ressource la plus convoitée dans l’agriculture notamment avec le réchauffement climatique. “La pénurie d’eau touche la productivité d’un secteur qui est le moteur de l’économie tunisienne. On consomme plus de 80% de nos ressources en eau dans l’agriculture” souligne-t-elle. Et c’est ainsi que le déclic s’est produit. 

Selon Amira, rien ne vient sans efforts. Pour en arriver là, Seabex a su surmonter les embûches et sortir du lot en offrant un service assez original pour un secteur qui se trouve toujours sceptique aux changements.   

De plus, d’après elle, le fait d’opérer dans la technologie, les problèmes d’importations des composants électroniques et le manque de ressources ainsi que la fuite des cerveaux ont lourdement freiné les avancements du projet. 

“Les problèmes d’investissements aussi,” ajoute-t-elle en évoquant les difficultés auxquelles Seabex a fait face à ses débuts. “C’est toujours une mission très difficile dans ce contexte actuel” réplique-t-elle, notamment “dans un pays qui veut consolider sa balance économique et regagner la confiance des investisseurs”.  

“Nous visons grand”

Interrogée sur ses projets d’avenir, Amira a fait savoir qu’elle songe actuellement à étendre sa technologie sur tout le territoire tunisien. Elle a précisé qu’après une première extension en Europe, elle compte conquérir de nouveaux marchés. “Nous souhaitons attaquer deux grands marchés: l’Afrique et le Moyen-Orient” martèle-t-elle.

La CEO de Seabex a révélé l’existence de nouveaux partenariats prometteurs. “Nous sommes en train de boucler pas mal de deals de partenariats avec des grands noms dans le domaine de la Recherche et Développement et ainsi qu’avec des partenaires technologiques”, précise-t-elle.

Sans dévoiler des noms, Amira a noté qu’elle est sur le point de conclure de nouveaux contrats avec de grands calibres. “Nous travaillons sur notre première levée de fonds et nous sommes en négociation avec différents investisseurs de l’Europe et de la zone MENA” se réjouit-elle avant d’ajouter; “Nous visons grand, et nous préparons pas mal de surprises sur le volet technologique”.

L’agriculture, un grand atout pour booster l’économie tunisienne

Pour Amira, le secteur agricole tunisien devrait coûte que coûte surfer sur la vague technologique. “Nous n’avons pas le choix! Le secteur doit y être” lance-t-elle en arguant que “ce dernier, qui participe à l’ordre de 15% du PIB du pays et qui consomme en contrepartie 70% de ses ressources en eau, pourrait gravement impacter l’économie nationale”.

Pour remédier à cette incohérence, l’ingénieure estime que “le gouvernement joue un grand rôle pour digitaliser le secteur agricole”. Selon ses dires, pas mal d’organisations internationales sont en train d’encourager la Tunisie avec des fonds d’aide afin de créer une meilleure durabilité du secteur. 

“Aujourd’hui, il faut bien exploiter ces fonds d’aides” souligne-t-elle en mettant en exergue la nécessité d’impliquer tous les acteurs agricoles en faisant confiance à la jeunesse et à la technologie. “C’est ce qui va créer des miracles”, analyse-t-elle.

“Le prix Orange, c’est une expérience unique en son genre”

Lauréate de la huitième édition du Prix Orange de l’Entrepreneur Social 2018, Amira est revenue sur sa participation à ce concours. “C’est une expérience unique en son genre” renchérit-elle. Il s’agit de la première récompense en faveur de Seabex au niveau national. “Nous avons eu pas mal de prix à l’échelle internationale mais le fait d’être primé par son pays est assez exceptionnel” raconte-t-elle. 

Orange Tunisie

 

Et d’ajouter “nous sommes fiers d’avoir participé à une compétition organisée par un géant international comme Orange qui ne cesse de placer tout ses efforts pour encourager les innovations qui visent à créer un monde meilleur”.

Pour elle, ce prix ne fait que confirmer son engagement à la contribution de la mise en place des 17 Objectifs de Développement Durable et plus précisément l’agriculture, l’eau et la nourriture.  

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