ALGÉRIE
05/06/2015 15h:00 CET | Actualisé 05/06/2015 15h:11 CET

Six mois après, les manifestants de In Salah poursuivent leur protestation contre le gaz de schiste

Facebook/Djamel Addoun

Six mois plus tard, ils sont encore là. Sur la Sahat Essoumoud (Place de la Résistance) où bat le cœur de la contestation anti gaz de schiste à In Salah depuis le 31 décembre.

Ni les 40° C du thermomètre, ni les vents de sable, ni le silence du gouvernement, n’ont eu raison des militants. Chaque jour, vers 18H30, à l’heure où la chaleur s’apaise, ils se retrouvent sur la Place autour d’un verre thé.

"Il y a moins de monde qu’avant mais nous sommes toujours une trentaine à nous réunir", témoigne Djamel, fidèle manifestant de In Salah.

Les femmes, mobilisées aux côtés des hommes dès le début du mouvement, continuent de venir Place Somoud et de cuisiner de temps en temps pour tous les présents, en particulier le vendredi.

Même si les mois ont passé et que les voix ont diminué, le mouvement a évolué et ses racines se sont implantées, comme celles des 55 arbustes de la Place qui ont bien poussé depuis fin février.

L’opposition s’est même relevée de ses cendres. Le petit musée du Somoud qui raconte en dessins et photos les six mois de lutte, a été reconstruit après son incendie le 9 mai dernier.

L’inauguration a eu lieu, mercredi 3 juin, avec un grand gâteau aux slogans des manifestations.

Incident technique

Au niveau des actions, c’est autour du second puits en phase de tests que les regards des habitants d’In Salah se tournent à présent.

"Depuis que les expérimentations du premier puits sont terminées et que le matériel a été déplacé, nous concentrons notre vigilance sur le second puits", explique Djamel qui relève d’ailleurs qu’un "problème a dû arriver" car il y a eu "un va et vient d’experts américains et norvégiens" pendant trois semaines au niveau de la base d’Halliburton.

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Une forte vibration a été ressentie par plusieurs personnes, souligne un autre militant qui affirme que le "second puits est fracturé dans des conditions anormales". "Plus de 40 jours de travail entre la fracturation et la mise en torche, ce n’est pas normal, pour le conventionnel ça ne dure que deux semaines", souligne cet habitué des plateformes pétrolières.

Nouvelle lettre au gouvernement

Outre la surveillance, les militants tiennent toujours leurs réunions. Une nouvelle déclaration réaffirmant les positions initiales de la société civile d’In Salah a ainsi été rédigée hier, 4 juin et envoyée au secrétariat du gouvernement ainsi qu’au nouveau ministre de l’énergie, Salah Khebri.

Nous réitérons notre demande "d’une annonce solennelle de l’arrêt de la fracturation hydraulique pour plusieurs années et de l'ouverture d'un débat national", ont écrit les citoyens d’In Salah. Une fois de plus.

Galerie photo : In Salah au rythme de la lutte anti-schiste Voyez les images

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