MAROC
05/04/2019 17h:06 CET | Actualisé 05/04/2019 17h:08 CET

Sauvetage des migrants: Des voix s'élèvent contre les accords passés entre l'Espagne et le Maroc

"Le Maroc n’est pas un pays capable de garantir le respect des droits de l’homme les plus fondamentaux".

Jon Nazca / Reuters
Un pêcheur s'entretient avec des migrants depuis un bateau avant de descendre d'un dériveur sur la plage "Del Canuelo" alors qu'ils traversent le détroit de Gibraltar en revenant de la côte marocaine à Tarifa, en Espagne, le 27 juillet 2018.

MIGRATION - Ce 4 avril, El Diario a dévoilé les nouveaux accords qui devraient être passés entre l’Espagne et le Maroc pour gérer le flux migratoire. Selon le journal espagnol, le pays voisin pourrait fournir au royaume du Maroc “des navires, des formation aux opérations de sauvetage, des supports informatiques et des moyens de communication, afin d’empêcher l’arrivée de migrants en Espagne”. Dans le pays européen, des voix se sont élevées à l’annonce de la nouvelle. La CGT et des associations ont dénoncé la volonté de l’Espagne de déléguer le sauvetage des migrants aux autorités marocaines. 

Pour la Confédération Générale du Travail espagnol, “le Maroc n’est pas un pays capable de garantir le respect des droits de l’Homme les plus fondamentaux”, écrit-elle dans un communiqué publié aujourd’hui.Les organisations espagnoles de défense des droits de l’Homme (l’Association des droits de l’homme d’Andalousie (APDHA), Irídia et l’Union des journalistes de l’Andalousie (SPA)), affirment de leur côté que le Maroc ne doit “en aucun cas être considéré comme un havre de paix permettant le débarquement des personnes sauvées, autant par sauvetage maritime que par la Guardia Civil”.

“Différents rapports émanant d’entités aussi solvables que l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) et Amnesty International s’interrogent sur le fait que le Maroc est un ‘havre de paix’ et décrivent des violations flagrantes des droits des migrants qui transitent ou partent du Maroc”, souligne le communiqué rappelant les “violences injustifiées, agressions de toutes sortes, mauvais traitements par les forces de sécurité marocaines, perquisitions, arrestations et expulsions sans garantie ni respect des droits des personnes touchées, y compris les femmes et les mineurs, détention illégale, acceptation des expulsions à chaud sans aucune garantie pour les personnes qui souhaitent demander une protection internationale ou encore violation des droits des enfants de migrants”. Les associations rappellent également que la Commission espagnole pour l’aide aux réfugiés (CEAR) affirme que “le Maroc n’est pas un port sûr”.

Elles ordonnent ainsi “la fin des accords avec le Maroc, un pays qui viole systématiquement les droits de l’homme des migrants. Au contraire, la coordination avec le Maroc doit avoir pour principe de respecter les droits de l’homme de tous et de veiller à ce que personne ne meurt pour avoir tenté de migrer”, ajoute le communiqué.