17/03/2018 12h:54 CET | Actualisé 17/03/2018 19h:24 CET

Sarkozy appelle de Dakhla à un plan Marshall européen d'envergure pour l'Afrique

Une préférence concurrentielle devrait toutefois être accordée aux entreprises européennes.

Crans Montana Forum
Nicolas Sarkozy au forum Crans Montana à Dakhla, le 16 mars 2018.

CRANS MONTANA - C’est parti. Le coup d’envoi des travaux de la 4e édition du Forum Crans Montana (FCM) a été donné ce vendredi 16 mars à Dakhla. Plus de 1.000 participants, originaires de 100 pays différents, dont 49 africains, ont fait le déplacement au sud du Maroc pour assister à l’évènement qui se poursuit jusqu’au 20 mars 2018.

La coopération sud-sud au cœur des discussions

D’anciens chefs d’État et de gouvernement, des ministres, des présidents de parlements, des décideurs, des parlementaires et des experts internationaux débattront ainsi de l’avenir de l’Afrique, du développement durable, des différents défis du continent à l’ère de la mondialisation et de la coopération sud-sud.

C’est justement cette dernière thématique qui a été abordée lors du discours royal dont la lecture a été donnée à l’occasion de la cérémonie d’ouverture par Ynja Khattat, président de la région de Dakhla-Oued Eddahab. Dans son message aux participants, le roi Mohammed VI a ainsi rappelé le bilan de la politique africaine du royaume notant que depuis 15 ans, 1.000 accords de coopération ont été signés avec 28 pays africains dans des domaines aussi variés que l’éducation, la santé, la formation, l’infrastructure et l’agriculture.

Nicolas Sarkozy en guest star du Forum

“Qu’il s’agisse de transfert des technologies, de partage du savoir, d’établissement de partenariats public-privé dans divers secteurs ou de formation et d’enseignement supérieur, le Maroc a su développer une expertise reconnue sur l’échiquier africain”, a indiqué le souverain dans son message.

Sans parler des “projets stratégiques d’envergure” que le Maroc tient à mettre en place, notamment le projet de Gazoduc africain atlantique, dont l’objectif est de refondre le marché régional de l’électricité ou encore celui de l’établissement d’unités de production de fertilisants avec l’Éthiopie et le Nigeria qui vise à améliorer la productivité agricole et favoriser la sécurité alimentaire, dans l’ensemble de la sous-région.

Autre moment fort de la plénière d’ouverture, la présence de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, qui a présenté sa vision pour le développement du continent africain. Selon lui, l’Europe a un rôle important à jouer. “L’échec de l’Afrique sera le drame de l’Europe. Il n’y a rien de plus important pour les 500 millions d’Européens que nous serons en 2050 que de se préoccuper de façon absolument prioritaire de ce que sera l’avenir économique des 2,5 milliards d’Africains, dont la moitié aura moins de vingt ans”.

Un plan Marshall européen pour l’Afrique

L’ancien chef d’État propose ainsi la mise en place d’un véritable plan Marshall européen pour le développement économique en Afrique en insistant sur la nécessité de trouver les moyens d’aider le continent à développer ses infrastructures. Une aide qui aura un coût: Nicolas Sarkozy évoque sans complexe une priorité concurrentielle qui devra être accordée aux entreprises européennes en contrepartie des fonds.

La question de la migration est d’ailleurs centrale pour l’ancien président. “D’Afrique, les hommes ont conquis le monde il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. Le besoin de bouger, de partir, n’est pas un choix politique, ce n’est pas qu’un choix économique, c’est quelque chose que nous avons dans nos gènes”, a affirmé Nicolas Sarkozy. Pour lui, cette liberté de bouger ne doit toutefois pas casser les équilibres établis et il est urgent de mettre en place une institution internationale qui suit le problème démographique.

Politesse diplomatique oblige, Nicolas Sarkozy, qui était accompagné lors de cette plénière de l’ancienne ministre française de la Justice Rachida Dati, n’a pas manqué de saluer le plan d’autonomie proposé par le Maroc pour régler la question du Sahara. Il a déploré en ce sens la fermeture des frontières entre le royaume et l’Algérie et a proposé l’idée de faire revivre l’Union du Maghreb arabe pour la création d’un marché commun.

Pour rappel, le Forum Crans Montana, qui siège à Genève, est une organisation internationale qui œuvre à “encourager la coopération internationale et la croissance globale et promouvoir un haut niveau de stabilité, d’équité et de sécurité”.

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