ALGÉRIE
15/10/2018 12h:49 CET

Samir Bouakouir: La radiation de Salima Ghezali du FFS est "choquante" et "absurde"

L'ancien chargé de communication du FFS, appelle à un congrès de refondation

Huffpost MG

La radiation de la députée Salima Ghezali continue de faire réagir les militants du Front des Forces Socialistes (FFS). Dans une déclaration parvenue à notre rédaction, l’ancien porte-parole du parti, Samir Bouakouir, se dit “choqué” par une décision si “absurde”. “La radiation de Salima Ghezali du FFS pour n’avoir pas demandé l’autorisation de publier une opinion politique est à la fois choquante et absurde.”

Pour M. Bouakouir, invoquer “le règlement intérieur et les statuts pour bâillonner la libre expression est absolument condamnable”. Qualifiant encore la décision de la commission de discipline de   “fâcheuse”, Bouakouir affirme que c’es une décision indigne d’un parti comme le FFS, “précurseur du combat pour la démocratie et les libertés, toutes les libertés.”

Déplorant “le spectacle désolant offert par les responsables du FFS depuis quelques années, depuis au moins le décès de son fondateur, Hocine Ait Ahmed, et leur incapacité à imaginer des mécanismes politiques favorisant la confrontation démocratique”, l’ancien porte-parole du plus vieux parti d’opposition algérien se désole de l’image que reflète son parti aujourdhui : “un parti rabougri, replié sur lui-même, s’appauvrissant intellectuellement et politiquement. ”

La lettre de Salima Ghezali, dont je partage largement les grandes lignes, écrit-il encore “aurait dû donner lieu un débat politique libre au sein, et à l’extérieur, des instances du parti. ” Elle permet, souligne-t-il encore, “de poser les vrais termes du débat au moment où des pseudo-opposants font diversion en s’agitant fiévreusement autour d’un hypothétique cinquième mandat”.

L’occasion pour M Bouakouir d’appeler, “les dirigeants actuels du FFS, à la veille de la tenue du Conseil national, à la sagesse et à la raison en annulant cette injustifiable décision.” Les purges staliniennes, poursuit-il, « dont j’ai été victime tout comme nombre de cadres et de militants ainsi que les règlements de compte doivent cesser pour laisser place à une Rencontre nationale où seront conviés anciens et nouveaux cadres, non pas dans une sorte de messe faussement fraternelle, donnant lieu à des congratulations hypocrites, mais pour engager une sérieuse réflexion politique et stratégique sur l’avenir du pays, comme un prélude à l’organisation d’un Congrès de refondation.”

“Le FFS a fait de la réhabilitation du politique son crédo. Il est temps de le réhabiliter en son sein”, conclut-il.