ALGÉRIE
13/07/2019 12h:11 CET | Actualisé 13/07/2019 12h:44 CET

Salah Dabouz explique les raisons de sa grève de la faim et pourquoi il ne l'arrêtera pas

capture d'ecarn

“Mourir vaut beaucoup mieux que de vivre dans l’injustice et l’indignité”, c’est ce que croit fermement Me Salah Dabouz qui a entamé une grève de la faim depuis six jours.

Pour lui, le défunt Kamel Eddine Fekhar a été mal pris en charge parce qu’il était mozabite. C’est également son cas, estime-t-il en relevant qu’il est soumis à un contrôle judiciaire trois fois par semaine, à 600 kms de son lieu résidence et de travail. 

Depuis le 08 juillet, l’avocat se sent très seul dans ses combats, d’où sa décision d’engager une grève de la faim pour réclamer justice pour lui et pour ses mandants. Un risque qu’il prend tout en sachant que cela a déjà coûté la vie au dr Kamel Eddine Fekhar.

L’avocat des droits de l’homme revient longuement sur les obstacles qu’il rencontre dans l’exercice de son métier d’avocat et de défenseur des droits humains.

Il a dénoncé le contrôle judiciaire auquel il est soumis depuis le 8 avril 2019, l’obligeant à se rendre 3 fois par semaine à Ghardaïa. “si je ne suis pas en prison c’est seulement parce que je suis avocat”, dit-il encore. “Cela ne vaut pas la peine de vivre sous la botte de qui que ce soit. Voilà pourquoi j’ai entamé une grève de la faim et voilà pourquoi je ne compte pas arrêter cette grève de la faim”, lance-t-il aux personnes venues lui demander d’arrêter. 

Pour eux, il demande d’“examiner les raisons qui l’ont poussées à entamer cette grève au lieu de lui demander d’arrêter de se battre”. “L’arrêter signifie pour moi accepter de vivre dans l’indifférence et vivre indignement”. Me Salah Dabouz rappelle le traitement que lui réservait le procureur général de Ghardaïa récemment relevé de ses fonctions. 

Me Dabouz explique comment “le président de la cour a donné l’ordre aux services des greffes de refuser toute requête” de l’avocat de Me Dabouz demandant “la levée du contrôle judiciaire” auquel il est soumis. Il a aussi souligné que ce même président a donné l’ordre aux services des greffes de “refuser toute requête en action en responsabilité contre l’Etat algérien intentée par Mme Fekhar, veuve de feu Dr Kamel-Eddine Fekhar, représentée par Me Salah Dabouz”. “Il ne restait rien à faire”, dit-il avouant qu’il avait même “pensé à s’immoler sur le toit du tribunal de Ghardaïa”. 

Au bord des larmes, s’adressant à ceux qui veulent le soutenir et qui sont solidaires de son combat, de se pencher un peu plus sur comment a été traité le dossier de Kamel Eddine Fekhar et comment la loi a été bafouée uniquement parce qu’ils sont “mozabites”. “Ceux qui acceptent de se taire face à la mort d’un militant, ils ont trahi sa cause”. Et de conclure “dans ce pays, ou on accepte de se plier ou on meurt debout”.