TUNISIE
04/01/2019 12h:13 CET

Saida Garrache répond à Sihem Ben Sedrine: "Nous n’avons aucun intérêt à cacher les archives"

Une partie des archives de la présidence de la République a disparu pendant le mandat de Moncef Marzouki selon Saida Garrache.

La porte-parole de la Présidence de la République, Saïda Garrache est revenu, vendredi, sur les propos tenus la veille par la présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) Sihem Ben Sedrine, qui avait affirmé qu’une partie des archives présidentielles avait disparu.

“Nous n’avons aucun intérêt à cacher les archives. D’ailleurs, tout le monde est au courant qu’une partie des archives a disparu pendant le mandat de l’ancien président provisoire Moncef Marzouki. Cela a même été révélé par certains de ses conseillers, qui avaient dit qu’une partie des archives avaient été données à des parties étrangères” explique Saida Garrache faisant référence à des révélations faites par Aziz Krichen, alors conseiller de Moncef Marzouki.

Pointée du doigt et accusée de ne pas avoir voulu remettre les archives de la présidence à l’IVD, la porte-parole de la présidence de la République dément: “Je considère que la présidence de la République n’est pas impliquée pour deux raisons: D’abord, la question est organisée par la loi. Les archives doivent être remis aux Archives Nationales de Tunisie”.

Ensuite, si cela avait été le cas, “le directeur des Archives nationales l’aurait dit” a continué Saïda Garrache, ajoutant que les propos tenus par Sihem Ben Sedrine n’engagent que sa personne.

Un nouvel accord de Carthage en vue?

Interrogée sur la dernière réunion tenue par Béji Caid Essebsi avec le chef du gouvernement, le président de l’ARP, les partis soutenant le gouvernement, le secrétaire général de l’UGTT et le président de l’UTICA, la porte-parole de la présidence estime que ″ce n’est pas la première fois que le président de la République avertit que la situation demande plus d’efforts pour répondre aux revendications ou au moins mettre un terme aux difficultés afin que la situation n’empire pas”.

Pour elle, cette réunion a été faite “dans le cadre de son rôle de président de la République (...) Souvenez-vous du temps de la Troïka, quand la situation devenait critique, les gens se ruaient vers la rue Mohamed Ali (où se trouve le siège de l’UGTT) car ils essayaient de trouver une alternative aux défaillances créées par l’État à cette époque. Ce qui est positif dans le mandat actuel du président Béji Caid Essebsi, c’est que la présidence de la République, est devenue l’adresse incontournable pour trouver des solutions aux crises” affirme-t-elle rappelant que cela a déjà été fait sous le gouvernement Essid.

“Quand Habib Essid était chef du gouvernement, il s’est passé la même chose. Le président avait convoqué tout le monde pour débloquer la situation. Quand des parties divergentes n’arrivent pas à trouver un point d’accord et ne parviennent pas à un résultat, il faut un arbitrage d’une personne extérieure et qui a la sagesse nécessaire pour trancher” indique Garrache.

Pour elle, cette réunion n’est donc pas une prémisse à un nouvel accord de Carthage: “Quand j’ai dit qu’il n’y aura pas de troisième accord de Carthage, c’était dans le cadre de cette réunion, parce que beaucoup de monde pensaient que cette réunion était un prolongement de l’accord de Carthage”, ce qui n’est pas le cas.

Interrogée sur l’organisation des prochaines élections, Saida Garrache est catégorique: “Le président l’a rappelé (...) il est obligatoire de respecter les échéances électorales. Pour lui, cela est d’une importance capitale”, rappelant que le retard pris, notamment par l’ISIE “n’est pas de la responsabilité du président de la République mais de l’ARP, qui doit élire les membres de l’ISIE. Il est également extrêmement important que les membres de la Cour Constitutionnelle soient élus. Il a donc rappelé à chacun ses responsabilités. Lui a pris les siennes!” a-t-elle conclu.

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